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La Société de l’Information n’est pas un phénomène extérieur ; elle est déjà présente pour les municipalités. Les Nouvelles Technologies apportent des outils complémentaires, puissants, qu’il faut mettre au service d’un projet de développement local. |
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Document publié le 27 mai 2002, par www.penserpouragir.org
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Sommet Mondial sur la société de l’information - Conférence régionale africaine Bamako 2002Les apports de la Société de l’Information pour le développement localPréconférence "Pouvoirs locaux et société de l’information" organisée par l’Association des Municipalités du MaliLa circulation et la gestion de l’information sont les données stratégiques d’aujourd’hui. Le mouvement a été amorcé depuis de nombreuses années, par la multiplication des outils permettant d’informer et de communiquer (téléphone, fax, radios, presse, télévision, satellite). Le développement des nouvelles technologies vient encore amplifier ce phénomène en combinant la production de l’information (concevoir un document) et sa diffusion (l’envoyer à un partenaire, le publier), en favorisant l’échange et le travail commun. |
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Le développement local et l’informationLa société de l’information est une réalité aujourd’hui pour chacun d’entre nous. Même si nous n’avons pas accès maintenant aux même outils (certains peuvent utiliser Internet et le téléphone alors que pour d’autres c’est impossible), nous pouvons penser
Pour comprendre ce que nous appelons "société de l’information", sa réalité d’aujourd’hui et ses impacts sur le développement local, nous allons prendre différents exemples des utilisations que vous en faites déjà. Pour faciliter le discours, nous allons catégoriser différents types d’échanges d’informations ou de communication en donnant, à chaque fois, des exemples d’utilisations actuelles et bien connues, ainsi que des usages auxquels les nouvelles technologies donnent accès. Nous allons donc traiter des aspects suivants :
Les utilisations
La plupart de nos activités nécessite l’utilisation d’information, notamment techniques, sur la façon de les mener à bien. Pour construire une école ou un centre de santé, il est par exemple nécessaire de savoir combien de briques solides on peut réaliser avec un sac de ciment ! Ce savoir est connu de l’ouvrier en bâtiment ou du maçon qui l’a appris au cours de son apprentissage. Mais le mode de transmission d’information ne permet pas beaucoup l’innovation et d’autres méthodes de recherche sont mises en œuvre. C’est le rôle ordinaire des livres de référence, des universités, des séminaires et voyages d’études, etc. On développe donc des formations techniques, des spécialisations. Des entreprises se mettent en place et réalisent des travaux de plus grande envergure. Il existe aussi des bases de données qui peuvent rendre de grands services pour qui a la possibilité de les consulter. Je citerais deux exemples qui peuvent vous concerner avec :
La recherche d’information sur Internet est d’une puissance impressionnante. Il est possible de trouver en quelques dizaines de minutes des quantités importantes d’information sur une question très spécifique (les caractéristiques du produit phytosanitaire que vous venez de retrouver dans un magasin par exemple, ou la culture biologique du coton). Si vous êtes professionnel ou consultant du domaine, vous comprendrez rapidement de quoi il s’agit ; sinon vous passerez quelques heures à analyser l’information reçue ! D’autres informations trouvent leur utilité dans le fait qu’elles sont actualisées. La météo est un bon exemple d’information qui n’a plus aucun intérêt si elle est donnée avec quelques jours (ou semaines) de retard ! Le moyen actuel le plus ordinaire d’obtenir ce type d’information est la radio ou la télévision. Il est aussi possible sur Internet de consulter des services spécialisés qui actualisent chaque jour (ou chaque heure) ce type de donnée ou de s’abonner pour recevoir ces informations. On peut ici envisager une complémentarité pratique entre les radios locales qui peuvent diffuser l’information qu’elles auront collecté par l’Internet. Au-delà de la météo, je parle ici des bulletins d’information avec les rubriques politiques, sociales, sportives etc.
La publication est une activité moins banale que la recherche d’information, mais chaque commune ou organisation dynamique aura nécessairement à le faire. Toute administration produit et publie une foule de documents : certificats, attestations, notes de services, rapports d’activités, etc. Une commune, une ONG, une organisation professionnelle ou villageoise, un individu qui a la volonté de chercher des partenaires pour réaliser un aménagement, un centre de santé, une école, ou quoi que ce soit d’autre, sera toujours amené à publier … au moins un document de projet. La publication la plus ordinaire est la lettre, qui peut être personnelle ou administrative. Les outils les plus banals pour publier sont le papier et le stylo. Ce dernier sert notamment à poser la signature, qui est une information de première importance puisqu’elle signifie : "moi, (…) reconnaît et valide ce qui est écrit plus haut". La machine à écrire permet de faciliter la lecture des documents, surtout lorsque l’auteur à (comme moi et la plupart des médecins) une écriture manuscrite peu élégante. L’ordinateur mémorise l’information ; ce qui permet de la retrouver plus tard, pour la consulter, la compléter, la mettre à jour. Les différents procédés d’impression (depuis Gutemberg jusqu’aux imprimeries modernes, en passant par la photocopieuse) permettent de multiplier l’information pour que de nombreuses personnes puissent la lire. La télévision ou la radio diffuse l’information à toutes les personnes qui regardent ou écoutent au moment de l’émission. La publication sur Internet (pages Web), comme celle d’un livre, transmet l’information à toutes les personnes qui viendront la regarder. Ces différents outils rendent l’information publique et disponible.
Le traitement de l’information est un préalable à sa publication, ou même à son utilisation. L’administration est la science du traitement de l’information pour fin de gestion et de décision. Les Etats tiennent depuis longtemps des registres d’état civil. Les entreprises enregistrent leurs comptabilités, font des prévisions. Un exemple que les responsables politiques que vous êtes comprendrez facilement est la question du recensement. Des enquêteurs doivent collecter les informations dans chaque famille et les noter au stylo dans des formulaires imprimés. Elles sont ensuite saisies dans des bases de données informatisées et il est important qu’elles puissent être contrôlées et corrigées pour éviter les contestations électorales. Le président Alpha Oumar Konaré disait à Bamako 2000 que le jour où le recensement de chaque commune serait disponible sur Internet, cela éviterait les "tripatouillages" électoraux. D’autres questions comme l’anonymat et l’accès aux informations personnelles se posent, mais il reste que la diffusion de l’information favorise la transparence.
L’activité économique d’une zone ou d’une commune passe par le commerce, la vente des productions locales et les achats de produits, biens et services utilisés localement. Les commerçants utilisent traditionnellement leurs déplacements pour s’informer des tarifs pratiqués et faire leurs achats. On les rencontre toujours beaucoup dans les avions. Ils ont été parmi les premiers utilisateurs des cabines publiques de téléphone, et des téléphones portables. Celui qui dispose de la meilleure information (sur les produits, les tarifs …) y trouve la meilleure marge bénéficiaire. Il existe des bases de données de fournisseurs sur CD Rom et des possibilités de négociation par courrier électronique qui peuvent faciliter bien des recherches. On peut ainsi trouver sur Internet les tarifs ou les cours de certaines matières première (intrants agricoles) et certaines productions (cours du coton). Vous savez certainement mieux que moi l’impact de ce type d’information sur la capacité des producteurs à négocier un prix de vente de leur production. Mais leur capacité de négociation restera limitée s’ils ne connaissent pas la cause de l’évolution à la baisse des cours : les subventions données aux producteurs américains et européens. Cette information peut aussi bien être trouvée sur Internet qu’en écoutant la rubrique sur les matières premières de RFI.
Pouvoir communiquer facilement et régulièrement avec ses proches permet de rester en contact avec ses racines familiales et sociales même lorsque l’on est longtemps en dehors de son milieu. La plupart des Maliens s’efforcent de revenir périodiquement au village. Les familles qui ont des membres émigrés savent mieux que quiconque l’importance de pouvoir rester en contact. Dans la région de Kayes, certains ont consenti des efforts importants (6 Millions) pour s’équiper d’un téléphone satellitaire permettant de joindre les émigrés. Cet exemple montre que, même lorsque les problèmes d’éducation et de santé sont réels, le besoin de communiquer n’est pas secondaire. Etant moi-même installé au Mali, je peux vous témoigner que le courrier électronique est un moyen très efficace pour rester en contact avec les membres de ma famille qui disposent aussi de cet outil. Sur un plan professionnel, ce même courriel permet d’avoir des contacts réguliers avec des partenaires, ce qui améliore la connaissance mutuelle. Lorsqu’il y a ensuite une rencontre, elle est plus directe, et peut aller à l’essentiel. Le passage à une action concertée est souvent facilité, bien qu’il y ait toujours des ajustements à faire. Les nouvelles technologies de l’information et de la communication peuvent jouer ce rôle d’introduction en élargissant la portée des contacts possibles avec les partenaires les plus divers.
Développer des activités avec un certain dynamisme nécessite de travailler avec des partenaires et d’échanger des informations de toutes sortes avec chacun d’eux. La méthode la plus courante de communication de travail reste la rencontre physique, appelée "réunion". Ce besoin de se rencontrer fait qu’il est plus facile de développer des activités dans une ville ou une capitale à portée des nombreux partenaires potentiels. En milieu rural, il faut organiser des déplacements comportant des heures de trajets, des problèmes d’hébergement et des coûts réels pour pouvoir répondre au moindre rendez-vous. Cela ralenti considérablement les activités, surtout pour ceux qui ont peu de ressources. Le téléphone est bien pratique pour économiser de nombreux déplacements, il permet de prendre des rendez vous et de faire le suivi des rencontres, mais on n’y traite pas les choses en profondeur de la même manière, et les coûts augmentent rapidement avec la durée des conversations et la distance des interlocuteurs. Le courriel permet des échanges professionnels sérieux notamment parce qu’il a la force de l’écrit. L’émetteur doit faire attention au contenu de son message car il ne sera pas face à son interlocuteur au moment où celui-ci le recevra, il ne pourra donc pas ajuster son discours, compléter les oublis ou rattraper une incompréhension si elle se produit. Mais ce qui est écrit reste et on sait bien qu’il est facile de retrouver les messages que l’on a envoyés ou reçus. Voilà quelques raisons qui donnent une grande puissance organisationnelle aux messages échangés par courriel. C’est un mode de communication couramment utilisé à l’intérieur des grandes organisations, d’un bureau à l’autre … Mais c’est aussi très économique à l’usage et dont les coûts n’augmentent pas avec la distance, une fois que les investissements en matériel informatique connecté sont réalisés. D’autres méthodes d’échanges d’informations de travail existent en utilisant Internet, mais leur mise en place et leur fonctionnement sont plus complexes et dépassent le cadre de cet exposé. ConclusionsVoilà, je viens de passer quelques minutes à vous parler de différentes formes d’utilisation et de traitement d l’information, et je suppose que vous saviez déjà une bonne partie de ce que je viens de dire … Cela signifie simplement que la société de l’information n’est pas quelque chose de nouveau pour vous. Vous avez certainement reconnu les utilisations que vous en faites déjà et les "apports au développement local" que vous connaissez. Pour prendre pleinement conscience de l’importance de la Société de l’Information, imaginez un moment que vous soyez isolés de tout moyen de communication … Plus de rencontres ni de téléphone, plus rien à lire ou de radio à entendre, ni même de stylo pour écrire … Cela deviendrait pénible au bout de quelques heures, ou jours pour les plus patients, et ne permettrait pas aux responsables municipaux que vous êtes de travailler au développement de leur commune. Les outils de communication et de circulation d’information se développent à une vitesse impressionnante ces dernières années. Je n’avais pas connu Internet en France quand je suis venu au Mali en 1993. Les téléphones mobiles aujourd’hui si répandus ne sont pas plus vieux. Les conditions ne seront pas disponibles en même temps dans les grandes ou moyennes villes du Mali, que dans les zones rurales ou enclavées, mais toutes les communes doivent envisager d’utiliser ces outils lorsque les conditions le leur permettront. On peut donc s’y préparer en se formant et en encourageant leur utilisation. Au-delà des difficultés, bien réelles, d’accès à ces nouvelles technologies et à leur bon fonctionnement, la question ne se pose pas de savoir si vos communes y auront un jour accès (cela viendra probablement dans quelques années). L’enjeu est de savoir à quoi on veut les utiliser. Les outils et les informations peuvent être mis au service du développement des communes, à condition que celles-ci aient définies leurs orientations et les aient concrétisées dans un plan d’actions impliquant tous les acteurs locaux. |
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AnnexesCette intervention était destinée à un public composé de représentants et représentantes des cercles et communes du Mali (près de 200 personnes) provenant en majorité du milieu rural. Un grand nombre d’entre eux n’avaient que peu ou pas d’informations sur la Société de l’Information ou sur les Nouvelles Technologies. Cette intervention visait donc à informer à partir des réalités quotidiennes des municipalités, telles qu’elles sont aujourd’hui. |