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Les femmes rurales : situation et perspectives. |
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Document publié le 13 juillet 2005, par www.penserpouragir.org
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Face au G8, les alternatives des peuples pour le progrès socialÊtre femme en milieu rural au MaliL’accès des femmes aux droits fondamentaux toujours compromisLes femmes rurales jouent un rôle socio-économique et culturel prépondérant. Elles sont présentes à 75 % dans l’agriculture. Or la situation des femmes en général et des femmes rurales en particulier reste très préoccupante. Par |
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IntroductionSelon les estimations du dernier recensement général de la population et de l’habitat de 1998, le Mali compte 10 235 202 habitants. Les femmes constituent 51,2 % de la population et représentent 32,7 % de la population active. L’économie malienne est essentiellement basée sur l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’artisanat et le commerce. Le secteur primaire fournit plus de 44,6 % du PIB tandis que le secteur secondaire ne représente que 16,7 % et le tertiaire 38,7 %. La grande majorité de la population vit en milieu rural et travaille dans le secteur primaire. En 1994, les femmes représentaient 77 % des travailleurs de ce secteur et constituaient 46 % de la main-d’œuvre. La grande majorité de la population vit au dessous du seuil de pauvreté. La situation des femmes en général et des femmes rurales en particulier est très préoccupante. Situation des femmes ruralesLes femmes rurales jouent un rôle socio-économique et culturel prépondérant. Elles sont présentes à 75 % dans l’agriculture. Elles offrent leurs services à toutes les étapes des travaux agricoles et interviennent aussi bien individuellement que dans le cadre des groupements d’âge. La situation des femmes rurales est la suivante dans les différents domaines : Femmes rurales et accès aux facteurs et moyens de production : Terre, crédit, équipements, eau, etc. Selon une étude réalisée en 2000 par le Ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, s’agissant des ressources foncières naturelles, en droit moderne, les mêmes droits fonciers sont reconnus à l’homme et à la femme qui peuvent accéder à des titres fonciers. Il existe de nombreux projets et programmes qui prennent en compte la promotion de la femme, ce sont entre autres : la CMDT, l’Office du Niger, l’Office Haute Vallée du Niger, l’Opération Riz de Ségou, l’Office de développement rural de Sélingué, l’Office Périmètre Irrigué de Baguineda, l’Opération Riz de Mopti, le Projet de développement de l’élevage au Sahel occidental, le Projet Mali Nord- Est, le Programme Intégré en Aval du Barrage de Manantali, le Programme d’Appui au Secteur Agricole et aux Organisations Paysannes, le Programme National d’Infrastructures Rurales, l’Institut d’Economie Rurale. Les instruments juridiques de gestion des terres de ces opérations de développement rural permettent aux femmes d’accéder aux terres aménagées. L’administration délivre des actes aux occupants et occupantes de ces zones afin de les sécuriser. Malgré cela, la réalité est qu’il existe de nombreux obstacles à la jouissance de ces droits par les femmes surtout en ce qui concerne l’accès au crédit et à l’équipement. En droit coutumier, l’accès des femmes rurales à la terre aux facteurs et moyens de production rencontre des restrictions dans les us et coutumes. Les pratiques coutumières leur laisse la possibilité d’occuper uniquement les terres marginales, hostiles et peu rentables. Dans beaucoup de zones, la femme a recours à l’équipement de l’unité de production familiale. Au Mali, la pauvreté touche près des deux tiers de la population totale (63,8 %) et près d’un tiers vit dans l’extrême pauvreté. 88 % de la population pauvre est implantée en milieu rural et la pauvreté touche beaucoup plus les femmes que les hommes. Dans ce contexte, le gouvernement s’est donné comme objectif spécifique à travers le CSLP de réduire la pauvreté des populations en général et des femmes en particulier. Il s’agit entre autres de :
En 2001, 174 356 femmes avaient bénéficié de prêts au niveau des SFD. A la date du 31 Décembre 2002, 8597 femmes rurales ont bénéficié des crédits alloués par le SYCREF. Femmes rurales et accès à la santé : Il ressort de EDSM III que les femmes en général et les femmes rurales en particulier ont des problèmes pour accéder aux soins lorsqu’elles sont malades. L’obstacle majeur est la disponibilité de l’argent pour le traitement (58,9 % en milieu rural ). En outre, les services de santé fournis en milieu hospitalier sont assez distants des femmes. En milieu rural, il y a peu de structures sanitaires. Il faut également noter le poids des us et coutumes parce qu’il est assez mal vu qu’une femme seule prenne la décision de se rendre seule à une consultation surtout quand il n’y a pas de prestataire de sexe féminin au sein de la structure. En ce qui concerne la santé maternelle, elle est le reflet du niveau de justice sociale et de respect du droit des femmes dans une société. Le droit des femmes à recevoir des services de santé de bonne qualité est garanti lorsque leurs droits fondamentaux de base (l’éducation, la nutrition, un environnement sûr, l’accès aux ressources économiques et la participation dans la prise de décisions) sont respectés. Au cours de la période 2000-2001 en milieu rural :
Ces chiffres montrent que non seulement, il y a une insuffisance d’infrastructures en milieu rural, mais qu’il existe également une mauvaise répartition du personnel de santé au détriment des femmes rurales qui constituent la couche la plus importante numériquement.
Femmes rurales : protection et sécurité sociale : La femme rurale ne bénéficie ni de prestations sociales, ni d’aucune forme de protection sociale. Elle dispose de peu de temps pour le repos et les loisirs et est par conséquent submergée par les travaux champêtres et domestiques. Il y a certes des distributions de matériels permettant d’alléger les femmes dans l’exécution de leurs tâches mais ces interventions restent timides et périodiques. Femmes rurales : éducation, formation et information. Le taux d’analphabétisme chez les femmes rurales est de 95 %. Le taux de scolarisation quant à lui reste encore bas pour les filles malgré les efforts déployés par le gouvernement et les partenaires au développement. En effet, la situation de pauvreté ainsi que les us et coutumes font que les parents envoient moins les filles à l’école comparativement aux garçons. L’une des contraintes majeures réside dans l’orientation des filles ayant terminé le cycle du CED. En dehors des post formations classiques comme matrones, gestionnaires des associations, les opportunités offertes dans le village sont moindres pour elles. En plus, la déperdition scolaire due aux mariages précoces des filles constitue une contrainte majeur au maintien de celles-ci à l’école. Pour l’alphabétisation des femmes rurales, lors des campagnes 1995/1996, le taux spécifique des femmes était de 11 % avec un pourcentage moindre pour les femmes rurales. Cette situation s’explique en partie par :
Femme rurale et environnement : Au Mali, 90 % des besoins énergétiques des ménages proviennent du bois et du charbon de bois. Cette situation conduit à la déforestation et les femmes ont été rendues responsable de ce phénomène. En milieu rural, les femmes s’impliquent de plus en plus dans la surveillance contre les exploitations illicites des forêts classées soumises au régimes de la gestion villageoise. Dans les zones du PGRN, les femmes participent au comité villageois de gestion des ressources naturelles. Elles participent aux actions de reboisement et sont actives dans les actions de défense, de restauration et de conservation des eaux et des sols. Dans certains villages, elles ont été formées aux techniques de construction des foyers améliorés. Malgré ces rôles déterminants, les femmes jouissent très peu des retombées de leurs actions. La femme est presque exclusivement responsable de l’hygiène et de l’assainissement. Elle est responsable de la propreté des habitations. L’approvisionnement en eau de consommation est une corvée traditionnelle de la femme qui doit souvent parcourir de longues distances et fournir des efforts considérables pour apporter de l’eau potable à la famille quand il y en a. Avec la recherche du bois de chauffe, l’approvisionnement en eau de la famille absorbe une part essentielle du temps de la femme. Des efforts sont déployés par le gouvernement et les ONG, mais il ressort de l’analyse :
Femme rurale et participation à la prise de décision et à la vie publique : La participation de la femme rurale à la vie de la communauté est à l’image de celle des femmes prises dans la globalité. En milieu rural, 5 femmes ont été élues maires contre 696 maires hommes ; 1 seule femme est membre de l’APCAM (Assemblée Permanente des Chambres d’agriculture du Mali). Il est vrai que la majorité des femmes élues conseillères communales sont issues du monde rural, mais elles restent minoritaires et suivent en général les hommes dans les décisions prises et n’occupent pas de postes stratégiques. ConclusionIl ressort de l’examen de la situation que malgré ce tableau sombre, des efforts sont entrepris par le gouvernement, les partenaires au développement et les ONG pour une amélioration progressive de la situation des femmes rurales et cela dans tous les domaines critiques. Une place prépondérante est accordée à l’éducation car il n’est pas besoin de rappeler que l’instruction est le premier besoin de l’homme après la nourriture et la liberté. Le très faible accès des filles à l’école et leur maintien dans le système éducatif, le taux faible de l’alphabétisation chez les femmes rurales atteste de leur bas statut social. Le niveau d’instruction des femmes a une influence importante sur leur santé, l’exercice de leurs droits de citoyennes et les différents rôles qu’elles sont amenées à jouer dans la vie sociale. Il ne faut pas se faire d’illusions ! Une société ne peut se développer lorsque la majeure partie de la population croupit dans la misère. |
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