Contribution de Mr Boubacar BA, Juriste ONG EVEIL SEVARE/MOPTI à l’occasion de la cérémonie d’inauguration des sites de la mosquée de Sékou Amadou à Hamdallahi et du Palais de Aguibou à Bandiagara du 11 au 12 Mai 2004
La présente réflexion intervient pour se situer dans le prolongement de la réhabilitation des sites de Hamdallahi avec la reconstruction de la mosquée de Sékou Amadou d’une part et du Palais de Aguibou Tall à Bandiagara d’autre part. Elle tire ses fondements, ses contenus, ses moyens d’actions et ses principes méthodologiques des différentes constructions politiques, religieuses et historiques originales développées par la DINA dans la région de Mopti.
Il apparaît de plus en plus qu’un centre de documentation fondé sur les connaissances locales portant sur l’apprentissage en arabe et l’alphabétisation en Fulfuldé constitue la base et la condition de la promotion des valeurs historiques et de l’environnement lettré. La formation et l’apprentissage des valeurs socio-historiques de l’héritage de la DINA ont pour objectif prioritaire de faire acquérir aux générations actuelles et aux apprenants des aptitudes, des initiatives et des décisions constructives avec des capacités de maîtrise des connaissances positives de la DINA afin de mener une vie de groupe harmonieuse en société. En d’autres termes, il s’agit de préparer les chefs religieux, communicateurs traditionnels, apprenants, les élèves coraniques et les divers acteurs sociaux à mieux comprendre l’héritage culturel de la DINA. L’idée fondamentale est de faire d’eux des citoyens conscients des réalités et problèmes de leurs milieux (environnement local, institutionnel, organisationnel, ...) et déterminés à promouvoir le dialogue des cultures et des valeurs sociales. Cette proposition de réflexion pour la création d’un centre de documentation à Hamdallahi et Bandiagara portera sur la connaissance des sources orales et écrites, la mise en œuvre du contenu méthodologique et le développement du partenariat avec d’autres institutions similaires.
L’approche de la connaissance de tradition orale et écrite comme support de la création d’un centre de documentation à Hamdallahi et à Bandiagara
C’est aux éducateurs ayant une connaissance de l’histoire de la DINA tout d’abord qu’il revient, in fine, de prendre leurs affaires en mains et de vulgariser le savoir historique. Pour ce qui est de l’éducation tant au niveau oral qu’écrit, il ressort que « ... la promotion de la connaissance de la tradition orale et des langues africaines comme véhicule de culture et instrument d’éducation permanente sont une nécessité fondamentale pour notre société » (Amadou Hampaté BA).
De fait, les traditions orales et les langues nationales au Mali constituées peuvent, et doivent, jouer un rôle fondamental dans l’éducation pour le développement aux niveaux local, national et international.
La place et le rôle des connaissances écrites en arabe et en langues locales d’une part et des langues étrangères désormais baptisées « langues partenaires » - ne sont pas remis en cause. Une synergie positive dans le cadre de la dynamique d’une documentation des récits des explorateurs et des chercheurs selon l’oralité et les écrits est souhaitable pour comprendre les sources orales et écrites de la DINA.
Deux phénomènes dialectiquement liés dominent aujourd’hui l’héritage socio-historique de la Dina : l’éducation avec la diffusion des savoirs culturels et le développement. Il s’agit pour les acteurs chargés de la gestion de l’héritage socio-historique de la DINA d’aménager un espace d’expression approprié pour assurer la contribution des nombreux chercheurs et historiens à la valorisation du patrimoine culturel historique de la zone. Cette ambition se fonde sur un contexte favorable marqué par une longue évolution historique de dialogue et de compréhension mutuelle. D’une part, le contexte institutionnel actuel avec le processus de démocratisation de la vie publique avec l’affirmation des droits éducatifs est d’une grande opportunité pour la collecte des connaissances acquises et accumulées. D’autre part, la reconstruction de la mosquée de Sékou Amadou et du Palais commande d’avoir une autre vision de la contribution culturelle à l’échelle de l’oralité et de l’écrit.
Les deux sites ont chacun une trajectoire historique mais fondamentalement liée avec l’avènement de la DINA. Hamdallahi, la capitale de la DINA, a été créée à partir de 1820. C’est un site situé entre Sofara et Taykyry, à la rencontre de la montagne et du marais. Plusieurs sources de la tradition orale donnent quelques éléments d’information sur l’architecture qui est une influence des traditions africaines et maghrebines. Hamdallahi était le siège de la grande Assemblée de la DINA appelé le Batu Mawdo composé de cent (100) membres. La grande assemblée assurait les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire d’une part et entérinait le choix des cadis et chefs de village (Amiraabé) des provinces et jugeaient en appel les délits politiques d’autre part. Le palais de Aguibou a été construit vers 1893 selon une architecture locale en Banco. Aguibou était le chef religieux et Calif général ; il était chargé de distribuer le pouvoir temporel et spirituel. Le palais de Aguibou était le symbole de la Sharia dont les dépositaires étaient les Cadis (chefs religieux ) et Amiraabé (chefs de village et représentants du pouvoir politique). Le palais de Aguibou était un centre de culte et de pratique religieuse avec la rencontre de savants et universitaires versés dans le savoir islamique. Il est à noter que les responsables de la DINA à l’époque à Hamdallahi ou à Bandiagara se sont appuyés sur des autorités religieuses pour asseoir et légitimer leur pouvoir : les Kounta de Tombouctou et les sultans de Sokoto. Une des particularités de la DINA c’est son modèle d’organisation étatique avec une administration provinciale structurée et décentralisée. L’unité administrative de la DINA était le village (Ngeenndi), constitué par le regroupement de plusieurs hameaux (Wuro). Plusieurs villages formaient le Lefol leydi (canton) et plusieurs cantons constituaient le leydi (province). Chaque province était dirigée par un Amiru (chef de village) choisi par la grande Assemblée sur proposition de l’imam (Bintou Sanakoua : un empire au XIX ème siècle -La DINA du Maasina, Karthala- ACCT 1990).
Méthodologie et approche pédagogique de la mise en œuvre du centre de documentation et de promotion de l’environnement lettré
L’idée de création du centre de documentation est en phase de gestion.
Les animateurs du Centre vont commencer après échanges avec les érudits, chercheurs et populations, à recenser les thèmes d’éducation culturelle et traditionnelle en essayant de vulgariser les connaissances civiques historiques et la transcription en Fulfuldé.
L’approche de formation se double d’une initiation à la lecture, à l’écriture et à la maîtrise des connaissances illustrées dans les domaines variés du fonctionnement des institutions de la DINA, des modes de gestion alternative des conflits, la gestion des ressources naturelles, l’enseignement théologique et le dialogue des cultures. Cette méthode appelée "Education culturelle et société" s’appuie sur l’utilisation des acquis historiques de l’oralité et de l’écriture pour former les populations aux connaissances multiples des peuples du Delta du Niger et aux dialogues des civilisations.
Une des particularités de cette approche est qu’elle favorise le niveau d’assimilation d’apprentissage et de réceptivité des traditionalistes, conteurs, historiens, chercheurs et apprenants par rapport à la conscientisation et le développement des initiatives citoyennes.
Il est important de souligner que ce processus "Education culturelle et société" va au-delà d’une simple formation, mais intègre un cadre de concertation au niveau décisionnel et institutionnel dans les différents villages et entités locales. C’est pourquoi l’objectif de "Education culturelle et société" est de permettre l’apprentissage des apprenants en donnant aux populations locales la possibilité de découvrir leur histoire et de s’en servir pour le présent et le futur.
Ainsi, il sera conçu des outils de niveaux différents d’éducation et d’information intégrant non seulement l’éducation civique, mais aussi des notions linguistiques, de grammaire et de perfectionnement du citoyen s’appuyant sur les valeurs culturelles positives.
Le contenu et la pertinence du centre de documentation et de promotion de l’environnement lettré
L’alphabétisation en arabe et langue Fulfuldé avec la production didactique constitue la première clé pour comprendre et décrypter l’environnement culturel de la DINA et des institutions socio-historiques. La méthode d’intervention est ciblée essentiellement dans la zone de Hamdallahi et de Bandiagara avec une large diffusion de l’expérience qui s’étend sur un champ géographique et thématique plus vaste au niveau national et international.
Tout en gardant l’essentiel de ce qui fait son identité, c’est-à-dire l’ancrage de la langue dans la culture qui la reflète, le centre de documentation et de promotion de l’environnement lettré se fixe deux objectifs nouveaux :
préparer les historiens, traditionalistes, conteurs, élèves coraniques et du système formel, apprenants à découvrir l’héritage socio-historique et à maîtriser les notions fondamentales d’alphabétisation en arabe et en Fulfuldé et de la linguistique (lexicologie, lexicographie, notions de droit et de citoyenneté, d’histoire et de sociologie, ...) ;
donner aux apprenants les bases pédagogiques et méthodologiques nécessaires pour envisager la vulgarisation des valeurs culturelles de l’héritage de la DINA avec une éducation pour le développement.
Les deux centres de documentation seront dotés de bibliothèques avec des archives historiques à proximité de la mosquée de Hamdallahi pour le premier et le second à coté du palais de Aguibou à Bandiagara.
Face aux nouvelles exigences de l’éducation culturelle et historique citoyenne, les deux centres de documentation seront définis à partir d’une stratégie axée sur des principes portant sur la compréhension des acquis méthodologiques, la connaissance linguistique, le développement du champ culturel et la fonction communicationnelle dans la formation. Chaque centre comprendra deux composantes :
une bibliothèque composée de documents historiques, des archives, des cassettes de récits sur la DINA ;
un comité scientifique composé de dix (10) membres pour chaque centre de documentation ayant une expérience avérée du savoir culturel de la DINA et ayant des capacités à servir la société et son développement dans le respect des diversités culturelles.
Le centre de documentation a une vocation scientifique et culturelle qui s’investit dans la valorisation culturelle de la DINA impliquant de manière nécessaire la participation des chercheurs maliens et étrangers ayant des connaissances historiques et engagés à édifier la construction d’une vision fondée sur un dialogue et l’intermédiation sociale.
Le comité scientifique va s’engager résolument dans la promotion, sans complexe et sans dilatoire, la culture et les langues locales favorisant la promotion historique de la DINA et contribuer à l’éducation et au développement. Il s’agit de :
Promouvoir l’apprentissage et la vulgarisation des connaissances culturelles de la DINA en langue Fulfuldé et Arabe à tous les niveaux, en favorisant l’aptitude de la documentation à prendre en charge l’éducation culturelle, dans un premier temps des populations et l’apprentissage des apprenants (Talibés, griots, chefs religieux, élèves...) dans un second temps ;
Faire du lobbying pour convaincre les décideurs politiques de dépasser le stade des vœux pieux de l’éducation culturelle pour adopter (car il ne s’agit plus d’introduire) les langues locales avec les valeurs historiques comme médium fondamental de l’éducation de base ;
Capitaliser les résultats de la recherche sur les valeurs positives de l’histoire de la DINA avec l’application d’outils linguistiques actuels pour renforcer les capacités des langues autochtones et le renforcement des compétences des communautés de base (populations, collectivités locales, élus locaux, etc.) ;
Faire sienne et reprendre à son compte les anciennes préoccupations du « Groupe d’Initiative pour la Promotion du Livre en Langues Nationales » (GIPLLN, Sénégal), de la Société des Etudes Peules (pour la Traduction de l’Histoire générale de l’Afrique en Fulfuldé), du réseau sous-régional « Réseau d’Echanges Documentaires et d’Appui Mutuel » (REDAM, fondé au CELHTO-OUA Niger, en 1998) en matière de promotion des langues africaines, les études et recherches du CELHTO à Niamey au Niger et l’expérience en cours du centre Ahmed Baba de Tombouctou ;
Contribuer, par la formation et le perfectionnement linguistique et pédagogique, à jeter les bases et compétences des formateurs et éducateurs en vue de renforcer la qualité de l’éducation au niveau des écoles formelles et non formelles en langues autochtones ;
Favoriser, dans un premier temps la diffusion des langues locales et de l’Arabe largement partagée, en relation avec les langues véhiculaires nationales de grande diffusion, ainsi que les échanges documentaires et professionnels, l’édition et la coédition entre les différents pays.
Les perspectives et visions pour promouvoir le centre de documentation et améliorer l’environnement lettré
Les deux centres pourront s’attacher dans l’avenir aux tâches prioritaires suivantes et aux défis multiples qui sont :
Aider la Conception et l’élaboration de production didactique en arabe et Fulfuldé, grammaires pratiques et de dictionnaires en langues Fulfuldé, ainsi que le recueil de lexiques spécialisés ;
Favoriser l’élaboration de manuels d’apprentissage en Fulfuldé comme langues vivantes modernes à l’intention des non-locuteurs ;
Aider la transcription et publication des textes de tradition orale, comme matériau de base pour la littérature, l’histoire, le savoir local, etc. ;
Promouvoir la traduction de textes et documents à valeur pédagogique, scientifique, ou encore littéraire, pertinents et avérés (environnement, textes juridiques utiles aux communautés de base ou les concernant, histoire, contes et épopées, etc.) ;
Promouvoir l’harmonisation des orthographes en vue de la constitution progressive de claviers électroniques standardisés et unifiés, selon les langues utilisées par la DINA (Arabe et Fulfuldé) ;
Etudier et documenter les sites historiques ayant marqué la DINA : Noukouma (Sebera) Roundé Sirou (Djenné), Simaye (Delta), Deguembere (Bandiagara).
Les acteurs et personnes ressources
Le centre doit regrouper principalement les catégories suivantes, ayant des aptitudes avérées en connaissances historiques et linguistiques :
Concepteurs/élaborateurs de matériel didactique et andragogique ;
Ecrivains, auteurs et traducteurs, historiens, marabouts, pédagogues ;
Linguistes, grammairiens et lexicographes ;
Pédagogues et formateurs ;
Editeurs, traditionalistes.
L’objectif est de mettre en synergie toutes les ressources et potentialités dans ces domaines pour :
faciliter la tâche et diminuer éventuellement les doubles emplois dans la mise en œuvre du centre de documentation,
diminuer la dispersion des énergies,
réduire progressivement la dépendance extérieure dans la constitution des sources orales et écrites de l’histoire héritée de la DINA.
Dissémination des productions didactiques du centre de documentation et partenariat avec d’autres institutions scientifiques et culturelles
L’ouverture du centre de documentation et de promotion de l’environnement lettré répond au besoin fortement ressenti de donner à l’expression orale ou écrite héritée de la DINA toute la diffusion à laquelle elle peut légitimement prétendre et de promouvoir l’environnement lettré en faveur des populations du Delta intérieur du Niger. Cette valorisation culturelle pourra aussi faire émerger ultérieurement des recherches et réflexions sur les civilisations des peuples héritiers de la DINA. Expérience unique dans l’histoire du Delta du Niger, chacune des œuvres historiques de la DINA l’est dans sa propre civilisation, comme actualisation sans cesse renouvelée de genres au travers desquels s’expriment depuis des siècles musiciens et poètes, conteurs, sages, historiens. Ces œuvres ne sont pas pour autant les fruits de la seule tradition et l’événement inspire souvent ceux qui ont quelque chose à dire ou à chanter.
L’héritage de la DINA se réinvente tous les jours dans sa substance comme dans sa présentation. En donnant à des œuvres orales une forme écrite, le centre va changer le processus de création historique en combinant l’interdépendance de l’oralité avec l’écrit.
Pour disséminer les différentes productions didactiques du centre et faire connaître la méthode utilisée à d’autres aires historiques qui étaient liées à la DINA (Sokoto, Tombouctou, Djenné, etc.) il est important pour le comité scientifique du centre de définir une politique d’utilisation des productions didactiques orales, écrites, cassettes et récits, manuels d’éducation en Fulfuldé.
Il s’agit entre autres :
de renforcer les niveaux de validation et d’adoption des documents pédagogiques et didactiques en impliquant tous les acteurs du secteur de l’éducation, ONG et réseaux d’information, historiens, traditionalistes ;
d’échanger avec d’autres zones avec l’utilisation d’autres médiums de communication adéquats et appropriés ;
d’utiliser les mass-médias pour mieux faire connaître la démarche et favoriser le partage de l’expérience dans d’autres localités historiques ;
de développer un partenariat avec d’autres ONG et institutions avec le renforcement de réseaux d’éducation (INALCO en France, maison des esclaves de Gorée, musée de l’histoire de Ouidah au Bénin, etc.).
Il s’agit de continuer l’œuvre amorcée par les éminents chercheurs et historiens tels Amadou Hampaté BA, Aly Koulogo et Bintou Sanankoua dans la région de Mopti. La mise en chantier du centre de documentation aura pour socle la reconstitution des aspects de civilisation développée par la DINA avec des traditions héritées de l’histoire du Delta du Niger. C’est une continuation de l’œuvre gigantesque de valorisation culturelle telle qu’elle est mentionnée dans l’analyse de l’œuvre de Amadou H. BA, « grâce à la sûreté de son savoir et à la simplicité sage de son approche, la lumière apportée sur ces notions essentielles ouvre l’accès aux fondements et au sens d’une civilisation » (Aspects de la civilisation Africaine - Editions Présence Africaine, 1972). Les personnes ressources identifiées dans le cadre de la création du centre de documentation des sites de Hamdalahi et de Bandiagara sont les suivantes :
Nouhoum Boly, formateur - alphabétisation, Sévaré
Amadou Imam Cissé, professeur d’arabe, Sévaré
Sékou Mahi Tall, Notable, Bandiagara
Ousmane Sy, agro-économiste, Bamako
Boureïma Gnalibouly Dicko, Linguiste, Bamako
Adama Samassékou, linguiste, Bamako
Bintou Sanakoua, historienne, Bamako
Bara Sambarou, conteur, Mopti
Fary KA, linguiste, Dakar
Cheïbane Coulibaly, sociologue, Bamako
Cecilze Vandenavenne, linguiste, France
Christiane Seydou, linguiste, France
Diouldé Laya, historien, Niger
Magone Niang , Historien, Niger
Baba Hakim Haïdara, Chercheur, Bamako
Almamy Condé, Sévaré
Didié Mody Seck, marabout, Bandiagara
Ambaga Tembely, Notable, Bandiagara
Hamdoun Bourïma, marabout, hamdallahi
Hamma Yéro Askoula, Griot, Boyo
Diadié Tembely, Guina Dogon ,Sévaré
Thierno Diallo, chercheur, Sévare,
Housseïne ambambagal Kouyaté,
Moustapha Dicko, Professeur, Bamako
Amadou Dicko, Notable, Dalla
Alpha Bokay, Notable , Wuro Ngiya
Hamadoun Cissé, Notable, Kaakgna
Tahirou Cissé, Fonctionnaire, Sévaré,
Mamadou Sissoko, notable, Bandiagara
Allaye Diallo, Notable, Bandiagara,
Allaye Sékou Barry, marabout, Sofara
Bokary Sankoro, marabout, Djenné
les institutions scientifiques : CELHTO, IFAN, INALCO, Centre Ahmed Baba de Tombouctou, les associations culturelles Tabital Pullaku et Guina Dogo