La souveraineté alimentaire
Elle se définit par l’autonomie de décision sans “agression externe” :
selon les besoins du peuple ;
selon les us et coutumes des consommateurs ;
selon les besoins d’intégration complémentaire.
Car il faut bien accepter que la recherche de la souveraineté alimentaire passe par une sécurité alimentaire et non une autosuffisance alimentaire. L’essentiel n’est pas de tout posséder mais d’être capable d’accéder à tout’’. Cette démarche permet au sein de la société rurale, aux propriétaires de vivre dignement et de participer à tous les compartiments de la vie.
Il est par ailleurs, nécessaire de préciser que la souveraineté alimentaire s’entend par la qualité et la quantité des produits entrant dans l’alimentation des peuples. En ce qui concerne spécifiquement le cas malien nous aurons : les céréales, les arachides, la canne à sucre, les viandes ( y compris la volaille), le lait, le poisson, les tubercules (igname, manioc, pomme de terre).
Le “cas du riz’’
En céréaliculture (mil, sorgho, maïs, fonio, blé et riz) au Mali, le riz est la culture qui offre le plus de possibilité d’augmentation de la productivité en amélioration du rendement (de 1 à 6 tonnes/ha) sur la base des disponibilités connues. En effet, si en riz pluvial on obtient 0,80 tonnes/ha en maîtrise totale on a eu une moyenne de 5,284 tonnes/ha en 2003/2004 avec l’étalement suivant :
Riz pluvial 0,80 tonnes/ha ;
Riz de bas fond 1,34 tonnes/ha ;
Riz en submersion libre 1,036 tonnes/ha ;
Riz en submersion contrôlée 1,653 tonnes/ha ;
Riz en maîtrise totale 5,284 tonnes/ha.
En 2003/2004, la production totale de riz paddy a été de 938 217 tonnes sur une superficie emblavée de 405641 ha dans ce résultat la culture en maîtrise totale seule a produit 512 196 tonnes sur une superficie de 96925ha. Concernant spécifiquement le riz irrigué, en maîtrise totale, de l’office du Niger la campagne 2003/2004 a produit 385 772 tonnes sur 67325 ha. Sachant, par ailleurs, qu’à l’Office du Niger les études générales ont couvert entièrement 1 100 000 ha de terre totalement dominée par la côte des hausses du barrage de Markala, on peut sans se tromper affirmer, que si toute la superficie étudiée est mise en valeur avec un taux d’exploitation de 50 %, la production pourra atteindre : 1100000 x 5,73 x 50 / 100 = 3151500 tonnes de paddy.
Ceci n’est pas utopique certes, mais peut servir de base de réflexion pour les décisions aussi bien nationales que sous-régionales. Le raisonnement précédent repose uniquement sur la disponibilité des terres aménagées en système de maîtrise totale, or la production dépend de plusieurs facteurs, notamment :
l’homme,
les supports naturels (le soleil, la température),
les matériaux (semences, fertilisants, traitement phytosanitaire),
le matériel (aratoire, d’entretien, de récolte, de conditionnement, de transport, de transformation, de conservation),
le marché (écoulement des produits, payement).
Stratégie
Pour parfaire cette vision de notre production de riz, il faut entre autres :
Valoriser la production ;
Inciter le maximum de ruraux à la production ;
Assurer et cautionner les activités des producteurs ;
Développer la société rurale ;
Favoriser l’accès au foncier des producteurs ;
Arrêter le cheminement de la dégradation des systèmes de production.