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La crise ivoirienne

Une dette qui s’aggrave dans la guerre

Document publié le 2 juillet 2004

Mots clefs associés : - Economie - Paix ou guerres et violences - Dette

L’endettement qui est une des causes de la crise ivoirienne est aggravé dans la plus grande opacité par les dépenses militaires faites par le gouvernement, sans compter celles de la rébellion.

La question de la dette pour la Côte d’Ivoire est actuellement une des préoccupations majeure parce qu’une part importante des ressources budgétaires est consacrée au service de la dette. Juste après l’indépendance, la Côte d’Ivoire a eu recours entre autre à l’endettement pour financer son ambitieux programme économique et social. Mais la conjugaison des facteurs tant externes qu’internes a abouti à un cycle infernal d’endettement chronique aux lourdes conséquences sur l’économie et les populations de la Côte D’Ivoire.

A ce climat, s’ajoutent les méfaits inestimables de la guerre qui secouent encore notre pays. Alors est-il possible pour nous d’envisager une passerelle entre les deux gangrènes que sont la dette et la guerre ?


Introduction

La dette est une catastrophe pour l’humanité. Elle maintient dans la plus extrême pauvreté des contrées entières possédant pourtant d’importantes richesses matérielles et humaines. Une tragédie qui provoque une multitude de drames insupportables.

La question de la dette pour la Côte d’Ivoire est actuellement une des préoccupations majeure parce qu’une part importante des ressources budgétaires est consacrée au service de la dette. Juste après l’indépendance, la Côte d’Ivoire a eu recours entre autre à l’endettement pour financer son ambitieux programme économique et social. Mais la conjugaison des facteurs tant externes qu’internes a abouti à un cycle infernal d’endettement chronique aux lourdes conséquences sur l’économie et les populations de la Côte D’Ivoire.

A ce climat, s’ajoutent les méfaits inestimables de la guerre qui secouent encore notre pays. Alors est-il possible pour nous d’envisager une passerelle entre les deux gangrènes que sont la dette et la guerre ?

  Aperçu de la situation

La crise de la dette

A la fin des années 70, une série de facteurs va aggraver considérablement la situation et conduire à la crise dès 1978, les prix du café et du cacao amorcent une retombée brutale, sous l’effet de la concurrence de la production abondante chinoise. Le président Félix Houphouët Boigny s’éleva contre les lois du marché et les multinationales qui exploitent les matières premières. Il décida alors de stocker son cacao que de le vendre à vil prix, dans l’espoir de provoquer une remontée des cours. La concurrence asiatique qui inonde le marché mondial à des prix imbattables atteints aussi d’autres cultures telles que celles du riz jusque là bien payées, les productions locales sont désormais d’un prix de revient plus élevé que le prix de vente sur le marché mondial. Par ailleurs, les pays développés, touchés par la crise économique due surtout au prix du pétrole en baisse à leur demande. Enfin et ponctuellement, la grande sécheresse de 1983 affecte gravement les productions agricoles (50 % de perte ). Tous ces facteurs combinés vont contracter d’un coup dans notre pays, les recettes d’exportations qui jusque là entraînaient la croissance. Devant le fléchissement de celles-ci, progressivement les entreprises étrangères et les épargnants locaux rapatrient leurs capitaux.

L’investissement privé déjà atteint par la faiblesse de l’épargne continue de reculer et l’industrie qui ne décolle pas, ne réduit pas les importations. Pourtant les grands chantiers de l’Etat (investissement et soutien aux projets publics, mal gérés parfois) sont poursuivis Les dépenses publiques croissent continuellement entre 1976 et 1988, alors que la situation des entreprises publiques est largement déficitaire, le déficit public atteint 16,5 % du PIB. On multiplie donc les emprunts ; la dette est multipliée par quatre entre 1970 et 1980. Aujourd’hui, le volume de la dette extérieure est estimé à plus de 8000 milliards de francs CFA

La crise ivoirienne

Pour comprendre la crise ivoirienne, il paraît important de jeter un regard rapide sur la situation générale de la Côte d’Ivoire :

- Au plan économique : après plus de quarante ans d’indépendance, la vie économique de notre pays avance à reculons avec une diminution dramatique des ressources de l’Etat et des populations ; cette situation économique essentiellement marquée par la mauvaise gestion des biens publics au niveau interne et un ordre économique mondial injuste imposé au pays du sud a fini par produire une situation sociale précaire et désastreuse pour les millions d’ivoiriens que nous sommes. Aussi, le chômage, la baisse de l’espérance de vie, l’insécurité et la baisse du taux de scolarisation et du niveau de vie en général ont entraîné avec eux un sentiment général de désespoir pour les travailleurs, les jeunes, les femmes et surtout les enfants qui constatent de plus en plus un désengagement irresponsable de l’état vis-à-vis de son rôle de garant du bien être collectif. A ce tableau, suffisamment sombre s’ajoute la situation socio-économique extrêmement complexe.

En effet, après la conférence de la Baule qui consacre l’avènement de la démocratie, sur le continent, la pratique du monopartisme a été rompue au profit du multipartisme. Ainsi, en Côte d’Ivoire, on assista à la renaissance de plusieurs partis politiques à partir de 1990.

L’accouchement ne s’est pas fait sans heurts ni brides car en 1992, le ton a été lancé avec le soulèvement de certaines couches telles que les étudiants et la mutinerie des soldats qui réclament de meilleures conditions de vie. La parenthèse de succession du 1er président décédé en 1993, le boycott successif du front républicain des élections de 1995 .

- L’apparition du concept pernicieux de l’ivoirité qui n’est autre que la catégorisation des ivoiriens accompagnée d’un chauvinisme, d’une xénophobie alors que la population la Côte d’Ivoire est cosmopolite ; les remous sociaux, les exactions des forces de l’ordre, le coup d’Etat de décembre 1999, la transition militaire chaotique qui s’en est suivie, la parenthèse sanglante du passage du régime militaro-civil à un régime constitutionnel établi en octobre 2000 ; les soubresauts marqués par des complots ou des tentatives de renversements de régimes qui ont contraint des ivoiriens à l’exil, le forum de la réconciliation ratée en 2001. Tous ces facteurs lointains et présents combinés ont abouti au déclenchement de la crise en septembre 2002 et continue de perdurer.

  Relation entre dette et guerre

Etablir un lien de causalité entre la dette et la guerre, étayer de chiffre paraît un exercice délicat dans la mesure où les données sont peu accessibles, surtout pour un acteur de la société civile qui veut scruter cet univers qui relève du domaine dit « top secret ». Néanmoins, à partir de constats ou du vécu quotidien, une corrélation est envisageable. En effet, prenons l’exemple de la Sierra Leone. Pendant le déroulement de la guerre, un groupe dont le nom nous échappe a exploité les ressources minières (or, diamant, ...). A présent que la situation semble se normaliser et que sans nul doute, des responsabilités sont en train d’être situées, ce groupe qui emploie bien sur des ex-combattants change de dénomination et s’adonne à son travail d’antan sans contrepartie reversée à l’Etat. Nous déduisons sans risque de nous tromper que cette façon de procéder suppose que pendant la guerre, l’Etat a dû bénéficier d’un appui ou contracter une dette auprès de ce groupe et que le remboursement se fait de la sorte. Sinon cela paraît paradoxal qu’un groupe puisse avoir une mainmise sur la richesse d’un Etat sans que les populations ne puissent en bénéficier. Notre analyse peut paraître prétentieuse mais, le bon sens voudrait qu’on s’interroge ne serait ce qu’un temps soit peu sur l’attitude de l’Etat sierra léonais et ce Groupe en question.

Quant à la Côte d’Ivoire, nous n’en sommes pas encore là. Mais à voir l’arsenal de guerre utilisé par les groupes belligérants surtout dans la partie qualifiée de zone libre, nous pouvons avancer la probable idée que l’Etat a du contracter des emprunts même si l’origine semble être inconnue pour s’équiper en armement. A titre d’exemple, citons le cas des avions de combat MIR 24. L’exercice inverse est aussi possible au vu de la logistique dont dispose les combattants de la zone dite occupéé. Mais ce cas étant non conventionnel ou du moins étant dans l’illégalité car pratique anticonstitutionnelle, nous ne saurons nous y attarder. Malgré l’absence totale d’information, nous soutenons qu’au vu de l’équipement dont l’Etat s’est doté pour accomplir sa fonction régalienne de défense de l’intégrité du territoire, a dû contracter un emprunt à ce titre.

Aussi, nous savons que dans le processus ou les tentatives de résolutions de la crise, plusieurs schémas pour ne pas dire divers cas de figure ont été essayés. Mais, il a fallu se rendre en France pour signer les fameux accords de Marcoussis qui ont débouché sur une accalmie momentanée des hostilités. Quelle analyse pouvons-nous déduire ? La réponse à cette question donne 2 scénarios :

- Premièrement la puissance colonisatrice de la Côte d’Ivoire est la France. Aussi, la France a une communauté et plusieurs entreprises installées sur le sol ivoirien. Alors, elle se doit d’éteindre le feu allumé ; en témoigne, la présence de la force Licorne ;

- Deuxièmement, au vu de la dette que la Côte d’Ivoire doit à la France, celle-ci a dû user de moyen de pression pour s’immiscer dans la crise ivoirienne.

Quoi qu’il en soit, c’est la situation des populations qui souffraient déjà de l’impact de la dette auquel s’est ajoutée la guerre qui est déplorable. Pour cela, le FNDP entend s’investir pleinement avec de l’aide de ses partenaires sur le problème de la problématique de la dette.

Nous profitons de cette tribune pour informer tout le monde que nous envisageons d’organiser un espace de rencontre international des acteurs de la société civile sur la dette, du genre de celle qui nous réunit ici, dans le 1er trimestre 2005. Nous la voulons annuelle à partir de la première édition.

Nous ne pouvons terminer nos propos sans toutefois remercier nos amis du Mali et tous ceux qui nous ont apporté leur concours à l’organisation de cet événement.

Par TAA Kouakou,

Par Ouattara Diacalia,

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Forum lié à l'article

La crise ivoirienne

27 mai 2008, leith

il se peut que vous ayez raison je n’en sais rien. mais sachez que les matières premières ne sont pas les seules atouts que possèdent la Cote d’Ivoire pour se developper. par ailleurs il s’agit d’un pays prospèrent et donc les investisseurs reviendront de plus belle lorsque la crise sera terminée, c’est deja le cas.

> La crise ivoirienne

23 octobre 2005, clcdf clcdf-leaders.com

J’ai lu avec attention votre article. Il se trouve que juste avant , pendant et aprés les derniers évènements certaines actions d’escroqueries par internet ont pour conséquences le recouvrement de sommes très importantes au profit de supposés notaires homonynes de notaires connus à Abidjan.
Mon enquête personnelle m’a converti à l’idée qu’il s’agit probablement de notaires en exercice aidé d’informaticiens et partageant leurs recettes...
En ce qui me concerne , j’ai perdu plus de 20000 euros.
Interpol à Abidjan a été interpelé directement par mes soins sans résultats et je pense qu’aujourd’hui il n’y a pas de solutions a votre problème de dette puisque votre pays n’est plus, à mon sens , un état de droit.
Les investisseurs étrangers ayant perdu leur argent ne reviendront plus et la liberté de marché international ne vous donne aucune chance pour les matières premières , le riz et le cacao.

Une remise de votre dette par les pays développés ne pourra être envisagée que si leurs ressortissants sont indemnisés de leur préjudice et il y aura évidemment des conditions politiques garanties à long terme.

Que peut offrir aujourd’hui la Côte d’Ivoire alors que sa dette s’accroit avec l’aide de luttes fratricides internes ?

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