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Gare Routière : espace de sociabilité urbaine

Document publié le 21 avril 2007

Mots clefs associés : - Economie - Questions de société

La gare routière est un espace d’échanges, pour les voyageurs et les marchandises naturellement, mais aussi pour les différentes catégories socio-professionnelles qui y travaillent.


Une gare routière, c’est un espace de sociabilité urbaine qui contribue, qui favorise, qui concours à la socialisation. C’est un espace de socialisation en milieu urbain.

Une gare peut être définie comme un ensemble d’installations où s’effectuent le transbordement des marchandises, l’embarquement ou le débarquement des voyageurs.

Une gare, c’est aussi un emplacement aménagé pour accueillir les véhicules assurant le transport des voyageurs et des marchandises. Autrement dit, une gare routière est une structure tout comme un marché drainant des femmes et des hommes venant d’horizons divers. Elle est aussi une structure avec des pôles d’activités socio-économiques multiples et variées. D’où ses fonctions d’accueil, de restauration, d’hébergement, de transaction, de transit, du donner et du recevoir.

La gare constitue un site d’échanges, de brassage à travers l’afflux de véhicules passagers, de marchandises de la gare à l’intérieur de la cité ou vers le pays profond, ainsi que dans le sens inverse. La gare à l’échelle rurale et urbaine remplit ces fonctions de brassage.

Les multiples activités de la gare occupent diverses couches sociales qui se retrouvent ici. L’habitude aidant, ces groupes se repartissent par affinité socioprofessionnelle. Les professionnels du transport se regroupent en corporation de transport pour la défense de leurs intérêts. Les commerçants s’organisent dans des coordinations. Les chauffeurs et des apprentis en font autant.

Par ailleurs, la gare routière est une infrastructure constituant un enjeu très important dans la lutte contre la pauvreté. A ce titre, elle est non seulement un instrument qui contribue de manière significative au raffermissement des rapports entre les différentes couches sociales qui la composent, mais aussi un puissant stimulateur de renforcement de la capacité financière de ces groupes cibles. La majeure partie de ces hommes et femmes habitent dans la cité, généralement dans les quartiers environnants la gare ou dans les banlieues. Ils se retrouvent, le plus généralement lors des cérémonies sociales tels que les mariages, les baptêmes etc...Ces différents groupes manifestent un réel esprit de solidarité à l’occasion de ces évènements sociaux.

Les entre aides entre commerçants se font à travers les tontines. Celles-ci représentent aussi un facteur non négligeable de cohésion sociale. Il faut également souligner que les rapports entre l’administration et acteurs de la gare ne se limitent pas uniquement au cadre administratif. Les agents administratifs et les acteurs de la gare se côtoient fréquemment et se concertent pour tout ce qui a trait au social. Cela se traduit par la présence d’au moins une à deux personnes de chaque partie à chacune des cérémonies citées plus haut.

Evolution des gares

- La gare se transforme en marché. Cette coexistence pose des problèmes de sécurité, de salubrité.
- En sa qualité de point d’échanges, il y a le plus souvent des restaurants et des hôtels. Ce qui pose un problème de sécurité sociale.
- L’exiguïté des équipements car très souvent, elles n’arrivent pas à accueillir tous les véhicules qu’en bien même ceux-ci occupent les alentours. Ce qui pose encore des problèmes de salubrité.
- Le nombre sans cesse croissant de commerçants et d’étalagistes qui envahissent ces gares.

La salubrité et la gestion de cet espace sont des questions fondamentales pour l’avenir même de la gare tant pour ses fonctions propres que pour l’espace de socialisation qu’elle représente.

Par Badara Alou Traoré,

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