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" Tous ensemble pour construire un monde juste et solidaire"

Un cri de désespoir

Pauvreté et environnement

Document publié le 10 mai 2004

Mots clefs associés : - Ressources naturelles, biens communs de l’humanité - Néocolonialisme

Difficultés de l’Afrique, dégradation de l’environnement et pauvreté.

Pour notre part, la pauvreté est le manque d’appropriation des moyens techniques et des connaissances scientifiques secrétées par le monde moderne. Cette absence de possession d’un minimum, cette privation à l’accessibilité du bien-être, cache aussi la notion de disponibilité. Les exclus du développement socio-économique de notre temps sont les pauvres d’aujourd’hui. L’Afrique subsaharienne n’est pas dans l’extrême pauvreté, mais elle est dans la misère absolue. L’Afrique subsaharienne est la partie du monde où le nombre des misérables est le plus élevé. Quand un individu ne peut dépenser que 20 cents ou moins, on ne parle plus de pauvre, mais du misérable.


  Les causes

Elles sont multiples :

Historique

Le pillage de l’Afrique et de sa main d’œuvre, signe le colonialisme et l’esclavagisme qui sont tous deux des crimes contre l’humanité et donc on parle avec des voix sous le manteau ;

La colonisation, hormis le pillage, a également divisé l’Afrique. Deux peuples frères sont partagés en anglophone et en francophone.

Politique

Les indépendances nominales ont permis aux puissances colonisatrices d’installer au pouvoir des marionnettes dictatoriales, oppresseurs de leurs peuples et gérant les intérêts de leurs maîtres.

Educationnelle

Le maintien de l’analphabétisme des populations de l’Afrique subsaharienne est une des causes majeures de la pauvreté. L’analphabétisme rend inapte l’appropriation des connaissances pour une véritable mutation socio-économique. L’écriture est un moyen d’échange.

Economique

La détérioration des termes de l’échange ou les échanges inégaux entre l’Afrique et l’occident sont à l’origine de la paupérisation de l’Afrique subsaharienne. L’acquisition des biens de production est rendue impossible à cause des échanges inégaux. Les faibles prix des matières premières, les subventions des produits agricoles des occidentaux par les pouvoirs publics de ces pays obligent les Africains pour s’équiper à recourir à l’endettement. Le NEPAD cette nébuleuse néocoloniale vient aggraver la paupérisation par un surendettement. Ce mimétisme du développement n’est que trompeur. Où est passé le plan d’action de Lagos des années 80 ?

Culturelle

Le pillage des ressources culturelles par l’occident qui dénie à l’Afrique son passé culturel.

Sociale

Le découpage arbitraire des frontières en séparant les peuples en anglophones-francophones, alors que ces peuples peuvent échanger directement entre eux. Le cas typique est celui de la Gambie et du Sénégal.

  La pauvreté

Selon Philippe Rekacewicz sur les 50 pays classés les plus pauvres du monde, 33 sont africains. Et d’après Ziegler 36 millions d’hommes sont morts en 2000 de famine et de maladies liées à l’alimentation. Selon le même auteur, la planète est en mesure de nourrir 12 milliards d’hommes. Le monde compte aujourd’hui 6 milliards d’hommes. Rien ne peut donc justifier cet écart entre les riches et les pauvres.

En effet, la pauvreté est synonyme de précarité et de privation donc de moins de développement durable. En l’absence d’une croissance soutenue, l’écart se creuse entre l’Afrique subsaharienne et les pays du nord. Les effets désastreux des plans d’ajustement ont fait régresser le développement socio-économique. Les exclus, les miséreux sont innombrables. Le développement des villes africaines a apporté plus de misère, a détruit la solidarité communautaire et a éradiqué les cultures locales et nationales. Dans les villes, les sans abris, les enfants de la rue, la malnutrition, l’insalubrité, les caniveaux puants, la corruption gangreneuse, la délinquance sont le lot des sacrifiés du développement mirobolant.

La pauvreté de l’Afrique subsaharienne se traduit par :
- le manque d’équipements ;
- l’analphabétisme croissant ;
- le manque d’accès à la nourriture. Moins de 2.700 kilocalories par jour et par personne ;
- la production alimentaire en constante décroissance ;
- le manque d’eau potable qui affecte 50% de la population subsaharienne ;
- le manque des infrastructures socio-sanitaires qui est partout décrié ;
- le faible accès des filles à l’enseignement de base ;
- le taux de mortalité infantile qui est très élevé (plus de 75%). Il y a moins de 50 médecins pour 100.000 habitants. La situation sanitaire est désastreuse. Il faut ajouter les guerres qui usent l’Afrique. L’initiative PPTE s’est révélée insuffisante et contre-productive...

  La place de l’environnement

L’Afrique subsaharienne vivait dans un environnement où les dieux de la nature, de l’eau, des arbres, des forêts avaient une grande place dans la vie quotidienne. Rien ne se faisait sans consulter les dieux. La nature était sacrée. Le contrôle des génies était partout présent. Autour des villages, il y avait des espaces réservés et protégés qui sont les lieux de refuges des génies bienfaiteurs. Ces lieux étaient dénommés forêts sacrées.

Le défrichement pour installer des champs respectait un rituel. Les forêts sacrées autour des villages permettaient d’attirer les nuages et permettaient les pluies bienfaisantes pour l’agriculture. La nature était respectée. Les fleuves, les rivières, les lacs, les montagnes faisaient l’objet d’une protection et d’une réglementation d’usage. Les périodes de chasses étaient contrôlées. La jachère était la meilleure forme de conservations des sols.

Pour assouvir les besoins effrénés de consommation de l’occident, nos forêts se sont mises à voler en éclat par une exploitation déraisonnée. Des forêts entières sont réduites en savanes et les savanes en désert. Les cultures de rentes sont venues accélérer les dégradations des sols et la paupérisation des paysans devenus des paysans sans terre productive. Ils fuient les campagnes appauvries pour venir gonfler le nombre de sans emploi, croupissant dans les bidonvilles aux conditions d’insalubrité inimaginable.

L’Afrique a exporté sa forêt pour recevoir en retour des espaces nues, précurseurs du désert.

Beaucoup d’espèces cynégétiques ont disparu du fait du braconnage. Les armes à feu meurtrières ont remplacé les sagaies et les couteaux de jet.

L’Afrique subsaharienne doit-elle rentrer de plein pied dans une société de consommation dont elle est exclue et marginalisée et où ses produits font l’objet de pillage ?

Le développement à l’occidental n’est-il pas une société d’exclusion avec ses 20 millions de pauvres absolus ?

50% de l’aide publique destinée à réduire la pauvreté repartent sous la forme de la couverture des frais des donateurs pour couvrir les services de la dette. Peut-on espérer par ce mécanisme réduire la pauvreté d’ici l’an 2015 selon les Nations Unies ?

  La pauvreté au Tchad

Les pauvres du Tchad font partie de ce que nous venons de décrire. Au Tchad, les seigneurs de la guerre perpétuent les conflits ethniques et tribaux pour éterniser l’exploitation et la paupérisation du pays. L’insécurité généralisée est devenue un moyen de se pérenniser au pouvoir au nom de l’insécurité. L’économie nationale est bradée aux multinationales. Aucune société rentable n’est aux mains des nationaux. C’est le gage du maintien au pouvoir. Pour avoir de quoi se nourrir et se vêtir, il faut faire allégeance au Pouvoir en place pour avoir accès aux miettes. La carte de membre du parti au pouvoir est devenue le passeport pour avoir accès au travail. La misère est partout présente. Elle se lie sur les visages. La capitale N’djamena vit sur un tas d’immondices. La préservation de l’environnement n’est pas la préoccupation des autorités. L’exploitation effrénée des forêts est en train de transformer le pays en un vaste désert.

  Un cri de désespoir

Chers amis, nous devons mettre en cause le mode de développement et de croissance, tourné vers la production et l’accumulation des biens matériels. L’embrigadement par l’instrumentalisation de la société civile par les institutions financières sous le prétexte de la bonne Gouvernance, doit être dénoncé.

Nous continuerons à sacrifier nos populations et notre jeunesse, si nous ne repensons pas notre voie de développement.

Par Balaam Facho,

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Un cri de désespoir

27 avril 2006, couval sylvie

M. Facho Balaam,
J’ignore si ce message vous parviendra et si vous vous souviendrez de moi. J’étais l’amie de Jean Claude Maïgombaïti de 1984 à 1986 à Brazzaville ; nous nous sommes rencontrés plusieurs fois là-bas, mais cela est bien loin...
Je cherche désespérement depuis plusieurs années à retrouver des camarades de l’UND connus à cette époque, je sais qu’il y a eu des décès, mais je n’ai plus de contacts, notamment de Avocsouma Djona et de sa famille.
Si vous pouviez me contacter, je vous en serais très reconnaissante.
Voici mes coordonnées :
Sylvie Couval
email : scouval hotmail.com
adresse : SAILLES 38830 ST PIERRE D ALLEVARD
tél : 04 76 45 02 21

Merci

S. Couval

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