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Document publié le 25 mai 2002
Mots clefs associés : - Société de l’information - Organisation de la société civile
Les interventions et échanges ont porté sur les enjeux de la communication et les apports de la société de l’information pour les initiatives de développement local.
L’accès à l’information est un élément crucial pour un projet de développement, surtout au niveau du choix stratégique et technique pertinent pour répondre au problème identifié. L’information est largement utilisée lors de la réalisation d’un projet, le plus souvent par des médias traditionnels (radios, vidéos, images, théâtre). Lors de la diffusion des expériences locales et des résultats obtenus, l’information devient un multiplicateur, en permettant à d’autres acteurs locaux de s’en inspirer pour leur propre situation.
Les acteurs ayant accès et utilisant les nouvelles technologies de l’information et de la communication remarquent ses avantage dans
la recherche d’informations techniques, économiques, culturelles
l’identification des partenaires potentiels pour leurs actions
les relations avec des partenaires sans limite géographique et à moindre coût
la publication et la valorisation des expériences
l’administration et le traitement de l’information
Les populations, même les plus démunies et les plus isolées, peuvent bénéficier de la Société de l’information dès maintenant à travers un intermédiaire et par la complémentarité entre les médias traditionnels et les nouvelles technologies de l’information et de la communication. En effet, les populations et acteurs locaux qui n’ont pas accès directement mais qui en bénéficient à travers un intermédiaire (une organisation branchée) en perçoivent aussi les avantages directs sur leurs activités. Lorsque les informations et expériences diverses sont à leur portée (adaptées au milieu géographique et socioculturel, traduites en langue nationale, etc), cela peut déclencher un intérêt suffisant pour les NTIC et motiver des leaders locaux à vouloir les apprendre. C’est ce rôle de médiateur que joue la société civile, les ONG et services sur le terrain : donner accès à l’information.
Lorsque les populations ont accès à la Société de l’Information, cela entraîne :
une ouverture des populations vers le monde extérieur, autant dans la recherche de solutions que dans la promotion de ses initiatives, et
une volonté ferme de transparence dans la gestion de ses affaires, dans ses relations avec ses partenaires, les politiciens ou les agents de l’Etat.
Par ailleurs, les expériences intéressantes d’utilisation des NTIC pour l’information et le développement sont souvent isolées et méconnues des populations, du public en général et des autres acteurs du développement local. Ainsi, on remarque que les sources d’informations sur les communes, produite par la Mission de décentralisation du Mali ne fait pas le lien avec les sources d’informations du Comité de Coordination des Actions des ONG au Mali sur les acteurs du développement local répertorié par type d’action et zone d’intervention sur tout le territoire, et vice-versa.
La société de l’information suscite des craintes (coûts, priorités de développement, perversion, déculturation) en voulant faire sa propre promotion plutôt qu’en faisant la promotion de son utilité et en mettant en avant sa technicité et la fracture numérique. Paradoxalement, la société de l’information semble souffrir d’un problème de communication…
Dans l’avènement de cette société de l’information, le rôle des Etats et des instances internationales est de favoriser le développement des infrastructures et l’accès équitables aux services et équipements nécessaires, ainsi que la mise en place du cadre d’ensemble (législation, droit d’expression, etc). La volonté des Etats africains conditionne le développement de la société de l’information, comme en témoignent les difficultés spécifiques évoquées par des participants du Tchad et de République démocratique du Congo.
Le rôle des acteurs de développement et de la société civile est d’utiliser la société de l’information au service de leurs projets et d’agir comme intermédiaire et médiateur avec les populations et autres acteurs locaux. Tous trouveront un intérêt à la société de l’information lorsqu’elle sera dirigée vers les besoins rencontrés, les problèmes à résoudre et les utilisations concrètes. Alors, elle sera considérée comme un outil au service du développement local.
La Société de l’information soutient le développement local lorsqu’elle rend des services qui touchent à la vie quotidienne des personnes et des organisations par la recherche de solutions appropriées et la valorisation des initiatives locales. Elle doit se faire le champion de l’information, et non celui de la technologie. Ainsi, nous recommandons de :
Mettre en œuvre des stratégies de mise à disposition de l’information pertinente ne dépendant pas des capacités de l’utilisateur final à accéder aux nouvelles technologies.
Exploiter les complémentarités avec les médias traditionnels existants et utiliser les compétences de médiateurs comprenant les besoins des acteurs et maîtrisant l’accès aux NTIC.
Favoriser la diffusion des initiatives de développement local afin de les rendre accessible à d’autres acteurs du développement local et encourager les partenariats (nord-sud et sud-sud).
Favoriser la diffusion des expériences intéressantes d’utilisation des outils de la société de l’information (médias traditionnels et nouvelles technologies) pour le développement local.
Favoriser la collaboration entre les organisations locales, nationales et internationales productrices d’information afin de fédérer les initiatives.
Décentraliser l’information sur la Société de l’information(notamment le Sommet mondial) en allant vers les populations et les acteurs locaux et en favorisant leur participation active.
Fait à Bamako, le 25 mai 2002.
© penserpouragir.org, 2002
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