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Le consensus des peuples face au consensus du G8

Le droit d’accès à l’eau et à l’assainissement est indissociable des autres droits humains

Privatisation des biens et services communs de l’humanité : cas de l’eau / position de l’ONG Eau vive

Document publié le 2 juin 2003

Mots clefs associés : - Privatisation - Eau, éducation, santé

L’eau, l’électricité, l’instruction, la télécommunication, le transport constituent des biens et services communs de l’humanité. Ces biens et services communs connaissent de nos jours de plus en plus une gestion privée dans des pays les plus avancés comme dans d’autres moins avancés.
La gestion privée de ces biens comme l’eau dans les pays riches peut - elle être importée dans les pays les moins avancés, pays pauvres sans préjudices aux populations démunies ?

Aujourd’hui encore, 1 milliard et demi de personnes dans le monde n’ont pas accès à l’eau potable, dont 400 millions de personnes en Afrique.
Près de 2 milliards de personnes n’ont pas accès à l’assainissement.
Chaque jour, 6000 enfants meurent pour avoir bu de l’eau polluée.
Alors que l’eau recouvre 70 % de la planète, seulement 2 % est constitué d’eau douce.

Les ressources en eau sont de plus en plus fragilisées, et sous la pression démographique, la pénurie progresse.

La communauté internationale se mobilise : le Comité des Nations Unies pour les droits économiques, sociaux et culturels vient de reconnaître en novembre 2002, l’accès à l’eau potable et à l’assainissement comme un droit fondamental de l’être humain. Cette reconnaissance fait suite à la déclaration du Millénaire, adoptée par les Nations Unies en novembre 2000, qui fixe pour objectif de réduire de moitié d’ici 2015 le nombre de personnes n’ayant pas accès à l’eau potable et à l’assainissement.
Avec tous les acteurs de la coopération (organisations non-gouvernementales, Etats, organisations internationales, collectivités locales, entreprises, …), Eau Vive souscrit à cet engagement, mais … n’est-il pas trop lointain ?

Peut-on se satisfaire d’un délai de 30 ans, c’est-à-dire plus d’une génération, pour que chacun ait accès à l’eau potable et à l’assainissement ?

Dans des délais très courts, des moyens financiers considérables sont investis dans le tourisme, les télécommunications, l’armement, pour ne prendre que ces exemples.


LA POSITION DE L ’ ONG EAU - VIVE FACE AU PHENOMENE DE PRIVATISATION DE L’EAU ET DE L ’ ASSAINISSEMENT

Eau Vive demande un engagement plus important et plus rapide de la communauté internationale, pour que, avant 30 ans, toute personne sur terre ait accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Avec les communautés rurales du Sahel, Eau Vive contribue à sa mesure et avec ses moyens, à améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement pour 100 nouvelles personnes par jour. Ce travail au quotidien repose sur des convictions et des engagements mis en œuvre avec les communautés rurales :

- tout projet d’accès à l’eau et à l’assainissement doit être fondé sur l’initiative et la responsabilité de la population elle-même, avec toutes ses composantes, en particulier des femmes ;

- le droit d’accès à l’eau et à l’assainissement est indissociable des autres droits humains ; en particulier celui de vivre en paix et en sécurité ; la stabilité sociale, la démocratie, la décentralisation et le respect des droits fondamentaux de la personne doivent être garantis par chaque Etat avec l’appui de la communauté internationale ;

- l’accès à l’eau et à l’assainissement doit s’inscrire dans des politiques nationales affirmées, comprenant : la protection de la ressource en eau et la lutte contre la pollution, la gestion de l’eau par bassin versant, la mise en œuvre de la loi sur l’eau, le contrôle des marchés et du prix de l’eau, un apport financier local selon le niveau de revenus, la prise en charge durable du fonctionnement des installations, la planification des équipements à réaliser, en donnant priorité aux populations les plus vulnérables ;

- l’eau n’est pas un bien marchand comme les autres, mais un patrimoine qu’il faut protéger, défendre et traiter comme tel ;

- le prix de l’eau et de l’assainissement doit correspondre au service d’accès correspondant, fourni par un service public ou délégué à une entreprise privée, sous le contrôle des usagers et des représentants de l ’Etat ; un système de péréquation local, national et international peut améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement, en particulier pour les plus pauvres ;

- pour optimiser les équipements et économiser la ressource en eau, il est préférable d’utiliser les ouvrages (puits, forages, adductions d’eau, …) selon l’usage de l’eau (maraîchage, usages domestiques, eau potable ;

- pour sécuriser le fonctionnement de leurs équipements hydrauliques, les communautés rurales isolées peuvent s’organiser en groupement pour partager et mutualiser les charges d’entretien et de maintenance ; c’est le cas des GMR (Groupements Mutuels de Réparation) avec Eau-Vive au Burkina Faso.

- les projets d’accès à l’eau potable doivent être complétés par des équipements d’assainissement et par des formations à l’hygiène et à la santé liée à l’eau ;

- si l’eau est elle-même la première richesse, elle est aussi, avec un complément de moyens, source de nouvelles richesses : elle permet d’améliorer la santé, de produire davantage et de renforcer la sécurité alimentaire, de régénérer l’environnement. L’eau est aussi un domaine de création d’emplois, faisant appel aux compétences et aux entreprises locales. Autour de l’eau, c’est aussi toute la communauté qui peut s’organiser et se renforcer.

- Pour être viables à long terme, les projets d’accès à l’eau et à l’assainissement doivent être accompagnés dans la durée, en formation et en équipement dans les domaines de la santé, de l’instruction, de la production agricole et artisanale. C’est aussi le travail d’Eau Vive au quotidien, avec plus de 600 communautés rurales dans 5 pays du Sahel, au Sénégal, Mali, Burkina Faso, Togo et au Niger.

UN collectif d’ONGs dont fait partie Eau-Vive a rassemblé ces convictions en dix (10) principes qui seront présentés au contre sommet du G8. Principes eux - mêmes rassemblés dans un texte intitulé De l’eau pour tous ! dont voici les principales conclusions.

L’inégalité dans le partage de l’eau est la marque la plus inacceptable de l’inégalité de la répartition des richesses sur notre terre.

Les plus grands dangers peuvent encore être à venir : diminution de la ressource en eau, pollution, réchauffement de la planète et extension des zones arides, conflits liés à l’eau, engagement trop faible des pays à haut revenu, endettement supplémentaire des pays les plus pauvres pour accéder à l’eau et à l’assainissement.

Humainement, moralement, il n’est pas acceptable de considérer que pendant encore plusieurs décennies un tiers de la population dans le monde n’aura pas accès à l’eau potable et à l’assainissement.

Les moyens humains, techniques, financiers existent pour atteindre avant 30 ans l’objectif de l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous. Il faut réunir ces moyens !

Au cours de l’année 2003, année internationale de l’eau, Eau Vive se mobilise avec d’autres pour que la solidarité internationale fasse un grand pas en avant, aussi bien par la générosité du public, que par le renforcement de l’aide publique au développement qui, d’une façon désintéressée, doit être à la hauteur de l’enjeu, celui de l’assainissement et du partage de l’eau pour tous.

CONCLUSION

La tenue de la réunion du G8 à Evian, sur les bords du lac Leman montre que le sommet retient l ’Eau comme l’un de ses thèmes majeurs. Cependant, c’est sur l’autre rive du lac à Genève que se tiennent les négociations pour l’ouverture du secteur de l’eau aux grandes compagnies internationales pour la commercialisation de l’eau.

La libéralisation de l’eau a provoqué des problèmes graves dans bien des pays, où l’intervention de multinationales étrangères a eu comme conséquence d’élever la facturation de l’eau bien au de là de ce que peuvent payer les démunis. Tout pays contractant un engagement AGCS ( Accord Général sur le Commerce des Services) dans le secteur de l’eau se lierait à ce type de libéralisation pour l’avenir, rendant toute marche arrière impossible, ceci en dépit de son impact négatif sur la population pauvre.

Etant donné que les engagements de libéralisation AGCS peuvent entraîner des dégâts dans les communautés plus vulnérables partout dans le monde, nous demandons à l’union européenne plus particulièrement aux pays membres du G8 à savoir l ’Allemagne, la France, l ’Italie et le Royaume Unie de retirer immédiatement ses demandes visant le secteur de l’eau.

Encore une foi, l’eau n’est pas un bien marchand, mais un patrimoine commun de l’humanité qu’il faut protéger, défendre et gérer comme tel.

Je vous remercie !

© penserpouragir.org, 2003


Forum lié à l'article

> Le droit d’accès à l’eau et à l’assainissement est indissociable des autres droits humains

17 mars 2004, maxconstant@hotmail.com

Nous sommes une association de ressortissants d’un ensemble de villages au Cameroun. Dans ces villages existent des écoles primaires de 100 à 200 élèves sans accès à l’eau potable. Nous souhaitons y faire installer des puits d’eau potable.

Un devis nous a été donné par la "Fondation St Martin, Projet Eau Potable" basée à OTELE au Cameroun : 6 000 000 (Six Millions de francs CFA)(9 600 Euros) par puits. Il en faut 8. Nous cherchons à cet effet des organismes susceptibles de nous aider. Veuillez nous fournir leurs adresses.
Nos remerciements d’avance.

Max Constant MVE, Président de l’Association Sessangoula.

> Le droit d’accès à l’eau et à l’assainissement est indissociable des autres droits humains

7 septembre 2003, clespinats@noos.fr

Avec des ressortissants , nous avons un micro projet sur un village du Togo pour creer des bornes fontaines , avec un petit reseau d’eau potable .

Pouvez vous me dire quls sont les organismes auprés desquels je pourrais presenter un dossier de demande de financement ?

Chrisitan Lespinats
membre d’Hydraulique sans frontieres Ile de France

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