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Document publié le 2 juin 2003
Mots clefs associés : - Privatisation - Eau, éducation, santé
Tout individu a le droit de disposer quotidiennement et idéalement dans son propre foyer d’une eau propre et saine. Dans les centres urbains en croissance, ce droit fondamental ne peut être respecté que par l’instauration d’un service de distribution juste et équitable.
Le continent africain, est l’un des continents les plus meurtris de la terre : plus d’un siècle de colonisation ; plus de quarante ans de régimes dictatoriaux et plus de vingt ans des ajustements structurels. Toutes ces épreuves avaient pour corollaire la privation des libertés publiques et des droits économiques et sociaux. C’est ainsi que tous les secteurs sociaux en ont pris le coût de la marchandisation néo-libérale où la seule alternative politique est le désengagement définitif de l’état de tous les secteurs- créances de la vie socio-économique : et le seul rôle qui serait légué à l’Etat est la protection des secteurs névralgiques comme la sécurité, l’eau et l’électricité. Cependant qu’elle ne fût notre observation de constater aujourd’hui que ces secteurs vitaux sont aussi frappés pour la privatisation. Notre thème traitera de la privatisation de l’eau en Afrique comme étant une négation du droit fondamental de l’homme, le droit à la vie.
L’Eau constitue un patrimoine commun
Tout individu a le droit de disposer quotidiennement et idéalement dans son propre foyer d’une eau propre et saine. Dans les centres urbains en croissance, ce droit fondamental ne peut être respecté que par l’instauration d’un service de distribution juste et équitable. « Droit à l’eau » signifie également « Droit à un service d’eau de qualité » c’est à dire notamment un service, d’approvisionnement continu (ou du moins prévisible), qui prend en charge l’évacuation et le retraitement des eaux usées.
Comment faciliter l’accès à l’eau pour les foyers les plus démunis.
Le coût de la connexion représente souvent la principale barrière financière pour l’accès à l’eau. En l’absence de politique de branchements sociaux, les familles à faibles revenus disposent rarement de la mise de fonds initiale nécessaire à leur raccordement au réseau officiel. Dans un premier temps, les municipalités ont cherché à promouvoir l’installation de connexions partagées qui se sont souvent soldées par des échecs.
Une autre solution consiste à favoriser le regroupement en collectif d’usagers, pour développer la capacité d’épargne et la solidarité financière locale, notamment aux techniques de micro-finance.
La politique tarifaire doit permettre de répartir les charges de façon supportable pour tous, même si l’expérience montre que la perspective d’un recouvrement total des coûts d’investissement et d’exploitation sur la simple base des tarifs de consommation est souvent irréaliste. L’existence des tarifs n’implique pas que tout le monde paie l’eau au même prix : faire payer l’eau n’exclut en rien la mise en place d’un tarif social ni le financement des investissements par le contribuable.
La mise en place de systèmes de tarification progressive par tranches conciliés, préoccupations sociales (solidarité entre consommateurs) et environnementales (utilisation plus responsable de la ressource) et s’avère généralement peu coûteuse pour les autorités publiques et l’opérateur.
Enfin, l’amélioration des services d’eau et d’assainissement favorise le développement économique et la réduction de la pauvreté.
La population et le problème de l’approvisionnement en eau.
Le Mali étant un pays qui bénéficie d’un excédent d’eau, ses problèmes en la matière ne sont pas liés à la quantité de cette ressource mais plutôt à sa distribution et à sa qualité. Il y a prédominance des maladies acheminées par l’eau et les villages n’ont souvent pas les connaissances ou les moyens nécessaires pour développer des ressources d’eau saine.
Il existe des liens importants entre les divers impacts qu’ont les êtres humains sur l’environnement (déboisement et cultures des terres marginales) et le cycle de l’eau.
A long terme, une croissance démographique rapide et la répartition géographique déséquilibrée de l’eau pourraient bien imposer de sérieuses contraintes sur le développement du Mali.
Etude de cas
Situé au cœur du Sahel Africain, le Mali a un climat et une végétation typique de la région. Selon le moment et la durée de la mousson, les précipitations peuvent être fiables et répartis de manière égale ou être extrêmement aléatoires.
Les deux seuls cours d’eau permanents du Mali sont le fleuve Niger et le fleuve Sénégal dont les débits annuels sont de 46000 millions de m3 et de 10500 millions de m3, respectivement. Pendant la saison des pluies, un certain nombre de cours d’eau saisonniers (marigots) et de terres basses se remplissent d’eau. Les ressources aquatiques disponibles sont plus que suffisantes pour répondre à la demande ; moins de 1% de l’eau des nappes phréatiques et 12 % des eaux de surfaces sont utilisées.
La population du Mali est repartie plus ou moins en fonction des schémas des précipitations exception faite de Sikasso, toutes les villes se trouvent le long des deux grands fleuves. Entre 80 et 90 % de la population Malienne participent à des activités agro-pastorales. Les agriculteurs plantent généralement sur des champs dégagés par brûlis ; ce qui a des implications pour le cycle de l’eau.
L’énergie hydroélectrique est la principale source d’électricité du pays. Le barrage de Selingué fournit 63 % des besoins en électricité du Mali. L’électricité produite par le barrage de Manatali sera destinée tant aux besoins du pays qu’à l’exportation au Sénégal et en Mauritanie.
L’urbanisation continue à un rythme accéléré et les systèmes d’approvisionnement en eau potable ainsi que les services d’hygiène publique sont souvent dépassés. Le pourcentage de la population ayant accès à l’eau portable varie de plus de 60 % dans les régions de Kayes, Koulikoro et Sikasso à moins de 10% dans les régions septentrionales de Tombouctou, Gao et Kidal. La moitié de la population des zones rurales a accès aux ressources d’eau potable.
En raison des piètres conditions d’hygiène de l’eau, la prévalence des maladies infectieuses dont la diarrhée, le choléra et l’onchocercose (ou cécité des rivières) est très élevée. Ces maladies ont un impact considérable sur le taux de mortalité.
Conclusion
Gestion des ressources d’eau : le Mali doit mieux gérer ses ressources d’eau. L’accent doit être mis sur le forage de nouveaux puits afin d’améliorer la qualité de l’eau et sur l’éducation sanitaire axée sur l’eau.
Les gouvernements Africains qui avaient souscrit aux injonctions de la Banque Mondiale et au FMI quant à la marchandisation de l’eau doivent être dénoncés et combattus par les mouvements citoyens en gestation dans la plupart de nos pays.
La société civile en tant que groupe de pression, d’interpellation et de dénonciation se doit de renforcer ses capacités pour pouvoir faire des propositions alternatives crédibles à celles de la Banque Mondiale et du FMI. Nous nourrissons des espoirs fermes avec l’éclosion d’une société civile Africaine forte, solidaire et engagée pour combattre toutes les politiques néo-libérales avalisées par les fameuses « Stratégies de Réduction de la Pauvreté » (S.R.P) adoptés par nos pays comme un schéma universel du développement.
Nous disons non au néocolonialisme et à l’instrumentalisation de nos Etats par les forces impérialistes. Nous exigeons l’annulation de la dette Africaine et réparation pour tous les préjudices causés aux peuples Africains par l’Occident.
Je vous remercie !
© penserpouragir.org, 2003
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