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Le consensus des peuples face au consensus du G8

Exploitation sexuelle des enfants au Mali et en Afrique de l’OUEST

Entre le droit des enfants et la dure réalité

Document publié le 1er juin 2003

Mots clefs associés : - Questions de société

Il ne peut y avoir de protection adéquate contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales si les Etats ne prennent pas des lois et s’ils n’ont pas la volonté ou les moyens de les faire respecter. La corruption et la faible dénonciation des crimes rendent aussi plus difficile l’application des lois.

Comme vous le savez le droit international humanitaire offre une protection générale aux enfants en tant que personne civique qui ne participent pas aux hostilités et protection spéciale en tant que personne particulièrement vulnérable.

La CDEAO est profondément engagée sur les questions relatives aux droits de l’enfant dans la sous région, en adoptant en Avril 2000 la déclaration d’Accra sur les enfants touchés par la guerre.

L’exploitation sexuelle des enfants a des fins commerciales est une pratique qui suppose non seulement que l’enfant subit des sévices sexuels mais qu’il reçoit en échange des biens ou de l’argent en guise de rémunération. Il existe plusieurs autres formes d’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales toutes aggravés par des conflits par exemple : la servitude domestique, le trafic, la pornographie.


  Définition

La déclaration et le plan d’action du Congrès Mondial contre l’exploitation sexuelle des enfants ont donné une définition générale de cette pratique. L’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales est une violation fondamentale de leur droit. Elle comprend l’abus sexuel par l’adulte et une rétribution en nature ou en espèce versé à l’enfant ou a une ou plusieurs tierces personnes. L’enfant y est traité comme un objet sexuel et comme un objet commercial.

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) définit dans sa Convention 182 l’exploitation sexuelle à des fins commerciales des enfants comme l’une des pires forme de travail des enfants.

Les formes d’exploitation sexuelle :

- la prostitution infantile
- le tourisme sexuel impliquant des enfants
- la pornographie infantile
- le mariage précoce ou forcé
- le trafic

La vulnérabilité des enfants à l’exploitation sexuelle

La pauvreté est généralement la première réponse à la question, lorsque l’on étudie ce qui rend les enfants vulnérable à l’exploitation sexuelle, d’autres facteurs entrent en ligne de compte :
- vivre et travailler dans la rue souvent ses enfants se prostituent pour pouvoir survivre
- les abus familiaux et le rejet des enfants
- les conflits armées
- la société de consommation
- les orphelins du SIDA
- le comportement sexuel irresponsable
- les traditions et coutumes néfastes
- la discrimination

Combien d’enfants sont victimes de l’exploitation sexuelle ? Il n’existe aucun moyen fiable de déterminer le nombre d’enfants victimes de l’exploitation sexuelle à des fins commerciales.

  L’exploitation sexuelle des enfants en Afrique de l’Ouest

En général, l’exploitation sexuelle n’est pas considérée comme une priorité, les gens sont préoccupés par la lutte quotidienne pour leur survie.

La pauvreté et le taux élevé d’urbanisation ont généré une augmentation sans précédent des enfants en situation difficile. Dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest, les conflits armés et la guerre civile ont causés des ravages dans l’économie avec pour conséquences un déplacement massif des populations vers les zones urbaines : résultats d’innombrables orphelins et enfants jetés à la rue sont des proies facile pour l’exploitation sexuelle. Les Réseaux de trafic sexuel et économique sont souvent liés, le trafic des enfants est organisé à l’intérieur des différents pays soit à destination des pays européens. La principale région exploitatrice est le Nigéria qui est également pays receveur, les enfants y sont expédiés depuis le Bénin et le Burkina Faso et sont contraints de travailler comme domestique. Certains sont victimes d’abus sexuel et d’autres se retrouvent dans l’industrie du sexe. E trafic des enfants originaires du Mali, du Sénégal, de la Guinée Conakry, du Bénin a des buts sexuels et ou économique ne cessent d’augmenter.

En juin 1999, un groupe de 174 enfants du Bénin a été intercepté sur le chemin de la Libye ou tous étaient destinés à la prostitution. Un grand nombre d’enfants sont exploité sexuellement pendant leur trajet, de plus si les enfants échappent à leur trafiquant ils n’ont parfois aucun autre moyen de survie que de se prostituer. Les routes du trafic économique partent du Mali et du Togo pour arriver en Cote d’Ivoire via le Burkina Faso et du Bénin vers la Cote d’Ivoire et le Gabon.

9 des 14 pays de la région avaient participé au Congrès Mondial de Stockholm contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales. Ils s’étaient engagé à adopter des plans d’action nationaux de lutte contre le fléau. Seul le Togo a pris des mesures pour élaborer un plan d’action nationale de lutte contre l’exploitation sexuelle.

Les textes qui protègent les enfants contre les abus sexuels :

- la Convention du 2 Décembre 1949 pour la répression de la traite des êtres humain et l’exploitation de la prostitution d’autrui que le Mali a ratifié en 1964, 73 pays l’ont ratifié à l’époque.
- la Convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage de la traite des esclaves et des restitutions et pratiques analogues à l’esclavage du 7 Septembre 1956 que le Mali a ratifié en 1973, 119 pays sont parties à cette convention
- la Convention relative aux droits de l’enfant, etc.
- la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 dans ces articles 1,4 et 5
- la Convention contre la torture et autres traitements inhumains, cruel et dégradant de 1997

L’exploitation néo-libérale

- L’interdiction du commerce d’organe devrait tout autant s’appliquer à l’exploitation sexuelle.
- La lutte contre le trafic des êtres humains est indissociable de celles contre le système qui engendre l’exploitation sexuelle à des fins commerciales.
- La logique de marché implique la sollicitation constante d’acheteurs potentiels dans l’indifférence, l’ignorance, voir la complicité de certains états.
- Le boum mondial du marché du sexe s’appuie sur le détournement des principes fondamentaux universel élaboré au cours du 20ème siècle.
- La vente, l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants est comptabilisé dans le produit national brut des pays et de l’économie mondiale.
- Malgré tout ces textes ci-dessus cité conçus en faveur du progrès de l’humanité, le corps humain à l’aube du 21ème siècle est classé plus que jamais parmi les produits de consommation. Les routes de l’exploitation sexuelle partent de l’intérieur des pays Africains à destination des pays européens, parce que l’Afrique est un continent vierge en matière de loi contre ce fléau.
- Force est de constater que les textes fondamentaux élaboré au cours du 20ème siècle pour la liberté, l’égalité et l’auto détermination sont interprétés négativement, ce qui permet l’invasion de la logique de marché dans toutes les sphères de la vie.

Conséquences

Le danger le plus immédiat auquel les victimes doivent faire face est la violence physique de leurs abuseurs, les proxénètes, les trafiquants et les clients. Il y a de nombreux témoignages terrifiant émanent d’enfants qui ont été battus, frappés à coup de pied jusqu’à perdre connaissance, brûlés avec des cigarettes et violés pour avoir refusé de travailler, ces enfants sont vulnérables aux maladies sexuellement transmissible y compris l’infection par le VIH et le SIDA, ce qui menace le développement physique, psychologique, spirituel, moral et social des enfants et même leur survie. Le continent Africain qui se voient ainsi vide de ses enfants qui constitue son avenir.

  Conclusion

L’exploitation sexuelle objetise et nie l’individu dans son intégrité physique et psychique. Le commerce du corps humain sous quelque lattitude que se soit (pays riche, pays pauvre, pays du sud ou pays du Nord) s’appuie sur un système de discrimination et sur une atteinte aux droits de la personne, la mise sur le marché du corps humain et l’assouvissement des besoins sexuels par l’entremise d’un système marchant bafouent les principes universel de dignité, d’égalité et de droit et s’apparente à une forme persistante d’esclavage.

Il ne peut y avoir de protection adéquate contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales si l’on ne prend pas des lois et si l’on ne réussit pas à faire appliquer ces lois. La corruption et la faible dénonciation des crimes rendent aussi plus difficile l’application de la loi.


  Présentation du Réseau des communicateurs maliens contre le trafic et l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants

Suite à un atelier organisé au Centre Aoua Keita par l’Association pour la promotion de la femme - APDF sous l’égide de la CATW, il a été retenu l’idée de créer un réseau de communicateurs pour lutter contre le trafic et l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants. Le Réseau a été mis en place au siège de la CATW à Hamdallaye ACI 2000 en présence des partenaires techniques tels que : Plan International, UNICEF, PNUD, Ministère de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Ministère de la Justice, la COMADE, le PAREHF, etc.

Le dit Réseau est composé de 10 membres au niveau de Bamako, présidé par votre serviteur Mariam Sacko, journaliste réalisatrice que je suis, et est représenté dans 7 régions du Mali.

Les objectifs du réseau sont, entre autres, de lutter contre l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants à travers les médias.

La CATW, est une organisation féministe non gouvernementale, qui lutte contre l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants au niveau internationale. Madame Fatoumata Siré Diakité en est la Directrice Exécutive pour la région Afrique et moi même la correspondante de presse pour la même région.

Par Mariam Sacko,

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Forum lié à l'article

Exploitation sexuelle des enfants au Mali et en Afrique de l’OUEST

28 décembre 2005, Mr Malal Samba Guissé

Bonjour Madame.
En navigant dans le site : www.penserpouragir.org, j’ai beaucoup apprécié votre document sur l’exploitation sexuelle des enfants au Mali et en Afrique.
Je vous dis "bon courage" et, surtout, de faire figurer dans cette sensibilisation, l’exploitation sexuelle dont sont victimes les femmes handicapées dont certains hommes inconscients profitent des handicaps (aveugles, moteurs, sourd-muets ou mentaux)et de leur etat de pauvreté pour satisfaire leur désir animaux.
Ce qui est ignoble.
Par ailleurs, en ma qualité de Consultant en Développement à la base et de militant des droits humains, j’aimerais qu’on garde le contact pour un echange fructuex.
De Mr Malal Samba Guissé à Nouakchott, Mauritanie

> Exploitation sexuelle des enfants au Mali et en Afrique de l’OUEST

25 août 2005, kia

il ya une autre forme d’abus sexuel tres gravel’inceste sur laquelle on doit mettre l’accent car elle est etouffée dans la fammille

La dernière danseuse ?

22 mars 2004, Modibo Coulibaly

Votre message suscite chez moi curiosité et doute.

- Curiosité parce qu’on sait très peu de choses sur le livre "La dernière danseuse" que vous avez écrit, et que je suis curieux de savoir si et comment ce livre peut être un outil pour les acteurs au Mali et en Afrique.
- Doute parce qu’en matière d’équilibre des relations entre les hommes et les femmes, la justice familiale du québec serait plutôt un exemple de ce qu’il ne faut pas faire qu’un exemple à suivre.

Dans les pays occidentaux les nombreuses séparations de conjoints sont traités par les tribunaux
qui décident notamment de ce que vont devenir les relations des enfants avec chacun de leurs parents.
La conception la plus archaïque de la famille y est privilégiée :
les femmes se voient régulièrement confier la garde quotidienne des enfants,
et les hommes en ont la charge financière. Concrètement ils se retrouvent spoliés
de leurs revenus et de leurs relations avec leurs enfants.
Le québec a particulièrement mauvaise réputation en la matière.

Le malaise est tel qu’il provoque des positions surprenantes dans les journaux locaux :
"Ici, en Amérique du Nord, nous sommes allées au-delà du simple respect et de
l’égalité. Nous sommes devenues d’horribles capricieuses qui, au nom de la
supériorité de notre sexe, avons contribué, hélas, à détruire la famille. "
Francine Allard, pages Forum, journal La Presse le 17 Mars 2004

Je ne penses pas que cette société aie actuellement de leçon à donner en matière de protection de la famille et de l’enfance.
En matière de protection contre l’exploitation sexuelle, les familles sont
la protection la plus proche dont les enfants devraient bénéficier.
En cas de séparation chacun des deux parents devrait garder
la volonté et la possibilité d’éduquer et de protéger ses enfants.
C’est un aspect important de l’avenir des sociétés qui se joue là.

Modibo Coulibaly

> Mondialisation Néo-libérale et exploitation sexuelle des enfants au Mali et en Afrique de l’OUEST

16 février 2004, Christiane Jolin, auteure de "La dernière danseuse" sera en librairie à partir de mars 2004

Ce sujet me touche énormément. Je travaille au Palais de justice de Montréal, province de Québec au Canada. Je viens de terminer d’écrire un livre sur l’exploitation sexuelle. Un roman intitulé "La dernière danseuse" qui sera distribué par Fides au Canada. J’espère que ce livre pourra servir d’outil à d’autres.

Christiane Jolin
cjolin justice.gouv.qc.ca

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