Définition
La déclaration et le plan d’action du Congrès Mondial contre l’exploitation sexuelle des enfants ont donné une définition générale de cette pratique. L’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales est une violation fondamentale de leur droit. Elle comprend l’abus sexuel par l’adulte et une rétribution en nature ou en espèce versé à l’enfant ou a une ou plusieurs tierces personnes. L’enfant y est traité comme un objet sexuel et comme un objet commercial.
L’Organisation Internationale du Travail (OIT) définit dans sa Convention 182 l’exploitation sexuelle à des fins commerciales des enfants comme l’une des pires forme de travail des enfants.
Les formes d’exploitation sexuelle :
la prostitution infantile
le tourisme sexuel impliquant des enfants
la pornographie infantile
le mariage précoce ou forcé
le trafic
La vulnérabilité des enfants à l’exploitation sexuelle
La pauvreté est généralement la première réponse à la question, lorsque l’on étudie ce qui rend les enfants vulnérable à l’exploitation sexuelle, d’autres facteurs entrent en ligne de compte :
vivre et travailler dans la rue souvent ses enfants se prostituent pour pouvoir survivre
les abus familiaux et le rejet des enfants
les conflits armées
la société de consommation
les orphelins du SIDA
le comportement sexuel irresponsable
les traditions et coutumes néfastes
la discrimination
Combien d’enfants sont victimes de l’exploitation sexuelle ? Il n’existe aucun moyen fiable de déterminer le nombre d’enfants victimes de l’exploitation sexuelle à des fins commerciales.
L’exploitation sexuelle des enfants en Afrique de l’Ouest
En général, l’exploitation sexuelle n’est pas considérée comme une priorité, les gens sont préoccupés par la lutte quotidienne pour leur survie.
La pauvreté et le taux élevé d’urbanisation ont généré une augmentation sans précédent des enfants en situation difficile. Dans certains pays de l’Afrique de l’Ouest, les conflits armés et la guerre civile ont causés des ravages dans l’économie avec pour conséquences un déplacement massif des populations vers les zones urbaines : résultats d’innombrables orphelins et enfants jetés à la rue sont des proies facile pour l’exploitation sexuelle. Les Réseaux de trafic sexuel et économique sont souvent liés, le trafic des enfants est organisé à l’intérieur des différents pays soit à destination des pays européens. La principale région exploitatrice est le Nigéria qui est également pays receveur, les enfants y sont expédiés depuis le Bénin et le Burkina Faso et sont contraints de travailler comme domestique. Certains sont victimes d’abus sexuel et d’autres se retrouvent dans l’industrie du sexe. E trafic des enfants originaires du Mali, du Sénégal, de la Guinée Conakry, du Bénin a des buts sexuels et ou économique ne cessent d’augmenter.
En juin 1999, un groupe de 174 enfants du Bénin a été intercepté sur le chemin de la Libye ou tous étaient destinés à la prostitution. Un grand nombre d’enfants sont exploité sexuellement pendant leur trajet, de plus si les enfants échappent à leur trafiquant ils n’ont parfois aucun autre moyen de survie que de se prostituer. Les routes du trafic économique partent du Mali et du Togo pour arriver en Cote d’Ivoire via le Burkina Faso et du Bénin vers la Cote d’Ivoire et le Gabon.
9 des 14 pays de la région avaient participé au Congrès Mondial de Stockholm contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales. Ils s’étaient engagé à adopter des plans d’action nationaux de lutte contre le fléau. Seul le Togo a pris des mesures pour élaborer un plan d’action nationale de lutte contre l’exploitation sexuelle.
Les textes qui protègent les enfants contre les abus sexuels :
la Convention du 2 Décembre 1949 pour la répression de la traite des êtres humain et l’exploitation de la prostitution d’autrui que le Mali a ratifié en 1964, 73 pays l’ont ratifié à l’époque.
la Convention supplémentaire relative à l’abolition de l’esclavage de la traite des esclaves et des restitutions et pratiques analogues à l’esclavage du 7 Septembre 1956 que le Mali a ratifié en 1973, 119 pays sont parties à cette convention
la Convention relative aux droits de l’enfant, etc.
la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 dans ces articles 1,4 et 5
la Convention contre la torture et autres traitements inhumains, cruel et dégradant de 1997
L’exploitation néo-libérale
L’interdiction du commerce d’organe devrait tout autant s’appliquer à l’exploitation sexuelle.
La lutte contre le trafic des êtres humains est indissociable de celles contre le système qui engendre l’exploitation sexuelle à des fins commerciales.
La logique de marché implique la sollicitation constante d’acheteurs potentiels dans l’indifférence, l’ignorance, voir la complicité de certains états.
Le boum mondial du marché du sexe s’appuie sur le détournement des principes fondamentaux universel élaboré au cours du 20ème siècle.
La vente, l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants est comptabilisé dans le produit national brut des pays et de l’économie mondiale.
Malgré tout ces textes ci-dessus cité conçus en faveur du progrès de l’humanité, le corps humain à l’aube du 21ème siècle est classé plus que jamais parmi les produits de consommation. Les routes de l’exploitation sexuelle partent de l’intérieur des pays Africains à destination des pays européens, parce que l’Afrique est un continent vierge en matière de loi contre ce fléau.
Force est de constater que les textes fondamentaux élaboré au cours du 20ème siècle pour la liberté, l’égalité et l’auto détermination sont interprétés négativement, ce qui permet l’invasion de la logique de marché dans toutes les sphères de la vie.
Conséquences
Le danger le plus immédiat auquel les victimes doivent faire face est la violence physique de leurs abuseurs, les proxénètes, les trafiquants et les clients. Il y a de nombreux témoignages terrifiant émanent d’enfants qui ont été battus, frappés à coup de pied jusqu’à perdre connaissance, brûlés avec des cigarettes et violés pour avoir refusé de travailler, ces enfants sont vulnérables aux maladies sexuellement transmissible y compris l’infection par le VIH et le SIDA, ce qui menace le développement physique, psychologique, spirituel, moral et social des enfants et même leur survie. Le continent Africain qui se voient ainsi vide de ses enfants qui constitue son avenir.
Conclusion
L’exploitation sexuelle objetise et nie l’individu dans son intégrité physique et psychique. Le commerce du corps humain sous quelque lattitude que se soit (pays riche, pays pauvre, pays du sud ou pays du Nord) s’appuie sur un système de discrimination et sur une atteinte aux droits de la personne, la mise sur le marché du corps humain et l’assouvissement des besoins sexuels par l’entremise d’un système marchant bafouent les principes universel de dignité, d’égalité et de droit et s’apparente à une forme persistante d’esclavage.
Il ne peut y avoir de protection adéquate contre l’exploitation sexuelle des enfants à des fins commerciales si l’on ne prend pas des lois et si l’on ne réussit pas à faire appliquer ces lois. La corruption et la faible dénonciation des crimes rendent aussi plus difficile l’application de la loi.
Présentation du Réseau des communicateurs maliens contre le trafic et l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants
Suite à un atelier organisé au Centre Aoua Keita par l’Association pour la promotion de la femme - APDF sous l’égide de la CATW, il a été retenu l’idée de créer un réseau de communicateurs pour lutter contre le trafic et l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants. Le Réseau a été mis en place au siège de la CATW à Hamdallaye ACI 2000 en présence des partenaires techniques tels que : Plan International, UNICEF, PNUD, Ministère de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Ministère de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Ministère de la Justice, la COMADE, le PAREHF, etc.
Le dit Réseau est composé de 10 membres au niveau de Bamako, présidé par votre serviteur Mariam Sacko, journaliste réalisatrice que je suis, et est représenté dans 7 régions du Mali.
Les objectifs du réseau sont, entre autres, de lutter contre l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants à travers les médias.
La CATW, est une organisation féministe non gouvernementale, qui lutte contre l’exploitation sexuelle des femmes et des enfants au niveau internationale. Madame Fatoumata Siré Diakité en est la Directrice Exécutive pour la région Afrique et moi même la correspondante de presse pour la même région.