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Le consensus des peuples face au consensus du G8

Ecole publique / Ecole privée

Privatisation des biens et services communs de l’humanité : cas de l’école

Document publié le 1er juin 2003

Mots clefs associés : - Privatisation - Eau, éducation, santé

L’Ecole Publique est un indice de souveraineté qui ne fait pas à priori obstacle aux échanges entre nations ; elle assure une fonction générique de normes tout en étant une potentialité pour la préservation et le renforcement des performances.

L’école doit être surtout perçue comme une institution d’instruction, d’éducation et de formation professionnelle.

Son financement, son accès sans discrimination, sa qualité, son adaptation à sa société et son efficacité sont des questions permanents et assez variables d’un pays à l’autre. Elle est un secteur délicat et où l’exercice professionnel est spécifiquement contraignant.

L’Ecole Publique / Souverainetés des Etats est une dichotomie essentielle fondamentale qui garantit les ajustements structurels et conjoncturels nécessaires ; ajustement qui préservent les intérêts nationaux sur les plans culturel, social, politique, économique.

L’école pour porter une potentialité fonctionnelle, doit être d’une même conception pour tous les membres d’une même nation. Car a formation des formateurs, l’effectif du personnel d’encadrement, le système éducatif, la qualité des programmes d’enseignement, les méthodes d’enseignement et d’évaluation des compétences acquises par les apprenants, les conditions de travail et d’étude, l’accès à l’école, en un mot, les normes d’instruction et d’éducation sont des paramètres capitaux.

L’exemple du Mali en matière de privatisation de l’Ecole, sans être un cas de référence, permet de noter des confiscations, des destructions entravant le développement.

La configuration de la F.E.N fait qu’elle vit les revers multiformes de « l’évolution » de l’Ecole. Nous, FEDERATION DE L’EDUCATION NATIONALE, avons sur le terrain constaté des réalités et des perspectives qui fondent nos positions de principe et nos revendications ;

Non au programme d’ajustement structurel appliqué à l’école.


LA PRIVATION DE L’ECOLE

D’une manière globale, il y a agression des forces néocapitalistes du nord contre les droits de la personne humaine au sud. Nous partons de la situation de l’Ecole Nationale c’est-à-dire d’enseignement national sous la responsabilité exclusive de l’Etat vers celle d’une absence de système éducatif, une Ecole sans norme.

LA PRETENDUE REFORME DU SYSTEME EDUCATIF

- un schéma institutionnel nouveau sur la base d’une relecture de l’ensemble des textes désoriente l’Ecole de sa vocation nationale ;
- des innovations des méthodologies, des programmes et des outils didactiques d’enseignement : toute chose rabaissant l’instruction à hauteur de l’alphabétisation infortune ;
- l’arrêt, nécessaire pour la cause, de la formation des formateurs et recrutement d’enseignant fonctionnaire ;
- l’institutionnalisation de solutions conjoncturelles alternatives (grands effectifs de classe, systématisation de double division, de double vacation et d’emploi d’enseignants contractuels de l’Etat) ;
- rendre l’emploi d’enseignant banal et fortement précaire ;
- promouvoir les écoles privées de tout genre (école de base, école communautaire, école privée, école de collectivité, école « établissement publique à caractère administratif ») ;
- le désengagement de l’Etat du secteur de l’éducation comme il en est des secteurs du commerce, de l’industrie, du transport, de la santé, etc……

QUELQUES CONSEQUENCES DE LA PRIVATION DE L’ECOLE

L’existence d’écoles privées est moins le mal que le contexte de cette existence.
- la démotivation des enseignants (professionnels rejoints par tout venant en quête d’emploi) conduisant à une perversion du métier ;
- une prolifération d’écoles privées et le paradoxe discrimination de l’accès à l’école (école performante coûteuse pour nantis, école médiocre bon marché pour pauvre et aucune école pour les plus pauvres) ;
- la production de dangers publics (la fausse qualification des diplômés et leur manque d’instruction en valeurs humaines) dans tous les cas il y le risque bien probable de la déscolarisation rapide ;
- le retrait de l’Etat du domaine de l’Ecole, retrait assorti de sa démission de son rôle de régulateur : une liquidation progressive de l’Ecole publique, une privatisation sauvage de l’éducation ;
- l’intensification des conflits de travail dans le secteur de l’éducation : la force de travail est assimilée à une marchandise ; la vocation (se raréfiant de plus en plus) et la déontologie de la profession enseignante sont sous les contingences révoltantes ;
- l’intensification des revendications scolaires et estudiantines
- la perte (par extinction de l’antique solidarité) du droit et du devoir noble pour le parent comme pour l’enfant en matière d’école

UNE VIOLATION DES DROITS HUMAINS

- Comment développer les ressources humaines lorsque le droit à l’instruction et à l’éducation n’est pas garanti à tout citoyen ?
- Quel parent honorera son devoir envers ses enfants quand il n’a ni les moyens, ni le choix de leur scolarisation ?
- Quelle protection des intérêts professionnels des enseignants (métier noble hier mais qui n’attire plus personne autant qu’elle perd de jour en jour son utilité sociale) ?
- Quel droit pour les enfants quand l’instruction et la formation sont l’objet de spéculation et/ou de marchandage ?
- Quelle humanité pour bientôt demain lorsque l’expertise et la vertu ne sont plus des semences ?

La privatisation effective de l’Ecole serait un recul. L’Ecole Publique est un indice de souveraineté qui ne fait pas à priori obstacle aux échanges entre nations ; elle assure une fonction générique de normes tout en étant une potentialité pour la préservation et le renforcement des performances.

Par La Fédération de l’Education Nationale - FEN,

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Ecole publique / Ecole privée

16 décembre 2008, Fabrice Loi

En accord complet avec ce qui est analysé ici au sujet du Mali, je voudrais ponctuer cette réflexion en la mondialisant, en quelque sorte.

Il ne faut se faire aucune illusion sur le sort qui est réservé à l’éducation par les politiques tant africains qu’Européens. En France, pour ce que j’en sais, le métier d’enseignant est délibérément saccagé, et sa fonction symbolique attaquée. Pourquoi ?
Il apparaît, tant dans les textes de Bruxelles que dans la vulgate néolibérale en vogue dans le monde depuis vingt-cinq ans, que l’on n’a pas besoin d’autant de diplômés que l’école publique en produit. Ces diplômés sont embêtants, car ils font des citoyens à l’oeil critique,sachant voter et exprimant leurs désaccords, d’une part. Ensuite, ils grossissent dramatiquement les statistiques du chômage.Double danger dans le contexte actuel de la raréfaction du travail, et de la captation des pharamineux profits des bourses (crise ou pas).
Merci pour votre clairvoyance, votre site est formidable.

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