A plus de 750km de Dakar, à l’extrême Est du Sénégal, une petite commune à forte concentration humaine se distingue par le dynamisme de ses habitants et de leurs initiatives. Pour gérer la difficulté de l’accès à un assainissement individuel essentiel et protéger l’environnement direct de la population, un particulier investit en 2008 dans un camion de vidange de fosses septiques et monte localement une entreprise en plein essor.
Avec une clientèle estimée à 20 000 personnes, cet ancien émigré prospère car il a vu juste : la population rurale en demande de service public amélioré répond avec engouement à une offre locale bien ciblée et adaptée à ses attentes! Cet exemple est révélateur d’une dynamique qui se développe: aux quatre coins de la Planète, de Petits Opérateurs Privés répondent de manière innovante et évolutive aux exigences d’une population rurale qui s’urbanise progressivement, et ils construisent, et gèrent en investissant leur propre argent des services locaux d’assainissement, d’alimentation en eau, ou encore de gestion des ordures ménagères.
Dans le secteur de l’Hydraulique Rurale, la multiplication des infrastructures existantes et la persistance des problèmes d’exploitation et d’entretien devrait développer fortement la motivation des entrepreneurs à s’insérer dans le paysage local et proposer d’assurer la fourniture des services d’eau.
Face aux difficultés de gestion du réseau d’eau, certaines populations paient 2 500FCFA le m3 d’eau de puits livrée à domicile… soit environ 10 fois plus cher qu’à Dakar ! Les habitants sont donc prêts à payer très cher pour le confort de l’eau à domicile. Mais, loin des grandes agglomérations régionales, ils ne bénéficient pas du standard de desserte urbain auquel ils aspirent.
Certes, la traditionnelle gestion communautaire des infrastructures villa-geoise, promue dans les années 80, a connu des succès. Mais, ces structures villageoises en charge de gérer les réseaux ont connu bien souvent une dérive liée tant à la faiblesse de leurs compétences techniques et à leur forte dépendance aux services déconcentrés de l’Hydraulique, qu’à l’autocontrôle souvent trop indulgent qu’elles s’appliquent : en effet, ces structures sont à la fois « juge et partie » de la performance qu’elles délivrent à la population. Pour garantir la qualité du service, il est impératif de séparer les fonctions d’exploitation et de représentation.
Comme le promeut le cadre sectoriel , les nouvelles Asufors vouées à remplacer les anciens comités de gestion de forage peuvent signer un contrat avec un gérant compétent agréé par les services de l’Hydraulique pour gérer le réseau d’eau. Mais pour réussir un tel partenariat, qu’il s’agisse de fournir de l’eau potable à travers un réseau, de gérer un réseau d’assainissement ou encore d’assurer la collecte et le stockage des ordures ménagères, l’entreprise qui s’engage a besoin au préalable d’une bonne connaissance du « marché » local, de caractériser les attentes des populations et les acteurs en présence, et de sentir un climat de confiance et de partenariat avec des institutions locales compétentes pour contrôler et réguler le service.