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Auteurs

Efficacité énergétique

A chacun sa solution énergétique

par Alexandre Castel

Document publié le 27 October 2009

CONTRIBUTEUR: Alexandre Castel - alexandre.castel.fr@gmail.com
Diplômé de l’école des Mines de Douai, spécialisé dans le développement des énergies renouvelables et la mise en place de systèmes de management QSE, Alexandre Castel suit aujourd’hui un Mastère Spécialisé, à HEC Paris, en Mangement du Développement Durable.


L’accès à l’énergie est une composante essentielle du développement économique, social et politique. Malgré un potentiel énorme en énergie fossile et renouvelable, l’Afrique présente des déficits énergétiques considérables. En analysant les consommations énergétiques des populations d’une province du Burkina Faso, leurs modes de consommation, et ressources énergétiques disponibles ont été identifiés afin d’en cerner les avantages et faiblesses.

1-L’énergie physique

La première source de consommation énergétique en Afrique est physique puisque face au peu d’infrastructures de transports et de machines, la plupart des travaux et déplacements sont réalisés par la force de l’homme. Sans moyens, les populations ne peuvent acquérir le matériel nécessaire pour labourer ou se déplacer. Les techniques agricoles restent rudimentaires. Les corvées d’eau ou le ramassage du bois faisant partis des tâches quotidiennes, il est important de comprendre que les limites d’accès à l’énergie conditionnent les modes de consommation énergétiques de ces habitants.

2-La biomasse

Actuellement, le bois représente 14 % de l’énergie consommée dans le monde et cette utilisation est très inégalement répartie sur l’ensemble de la planète (moins de 1% dans les pays développés et 90 % dans les pays comme le Burkina Faso). L’économie du bois est un enjeu majeur de la vie rurale et urbaine des pays d’Afrique, comparable à celui de l’économie pétrolière au Nord.

3-Les énergies fossiles

Le prix d’un litre d’essence est quasiment le même au Burkina Faso qu’en France (0,90€ en 2007). Ce prix élevé en comparaison au niveau de vie, prive largement les habitants de cette ressource énergétique. La consommation de gaz ou de pétrole étant réservée à une minorité (1,01 % des ménages), les gens utilisent en grande majorité de la biomasse traditionnelle moins chère mais plus dévastatrice sur le plan environnemental.

4-Les énergies renouvelables

- Le Solaire
L’énergie solaire a l’avantage d’être gratuite et illimitée mais présente des limites dans une utilisation quotidienne. Avec une autonomie très dépendante de l’ensoleillement journalier, son installation est instable en hivernage.

De plus, une installation photovoltaïque a besoin d’une maintenance régulière pour bien fonctionner. Son implantation doit donc s’accompagner de formations du personnel de maintenance. L’utilisation des piles et batteries y ayant trait entraîne des problèmes environnementaux graves comme une pollution importante des sols.

- Le Biogaz
En répondant aux besoins énergétiques grandissant des populations, la biométhanisation permet de réduire la consommation d’énergies conventionnelles en luttant contre la désertification et la déforestation, ou en traitant les déchets pour améliorer les conditions d’hygiène. Malgré un coût élevé d’investissement, le biogaz peut être une réponse énergétique viable.

- Le Jatropha
Le Jatropha curcas est une espèce très résistante à la sécheresse dont l’huile a des caractéristiques proches de celles du gasoil. Même si cette activité peut se révéler une nouvelle source de revenus, elle présente cependant des dangers pour les zones d’exploitations. En effet, cette énergie intéresse principalement les pays industrialisés qui favorisent son exploitation dans les pays du Sud, pour conserver leurs terres pour des exploitations vivrières. Le Sud n’arrivant pas à atteindre la sécurité alimentaire, une culture généralisée du Jatropha aggraverait les problèmes des récoltes. La production d’huile doit donc d’abord servir au développement des populations locales des zones productrices et les rendre moins dépendantes des énergies primaires vendues par les pays développés.

© penserpouragir.org, 2009