La prise de conscience de la plupart des décideurs de ce monde de l’actuel réchauffement climatique favorise l’amplification du débat sur les possibilités d’exploiter des sources d’énergies renouvelables.
En effet, depuis quelques décennies déjà, les rencontres mondiales au sommet se succèdent. Depuis le rapport Brundtland (1987) jusqu’à la conférence de Bonn (2004), les problématiques liées au développement des énergies alternatives sont abordées avec passion et enthousiasme.
En Afrique aussi, des conférences se tiennent afin de se pencher sur la question. C’est le cas de la conférence internationale sur les énergies renouvelables pour le développement en Afrique qui s’est tenue au Sénégal en Avril 2008.
Cette rencontre avait pour objectif principal l’identification des obstacles à la relance du marché des énergies renouvelables en Afrique. Pourtant, au vu des réalités du terrain africain, on pourrait se demander si les gouvernements du continent ont bien compris les enjeux du développement des énergies renouvelables…
Les biocarburants : deux tendances !!
La filière des biocarburants connaît des fortunes diverses sur le continent. En effet, certains pays ont mis en place des structures spécialisées pour propulser le développement des biocarburants.
C’est le cas du Mali qui s’est doté de l’Agence Nationale de Développement des Biocarburants (ANADEB), chargée de promouvoir la filière tout en réglementant le marché, ou du Sénégal qui a créé un ministère chargé des biocarburants pour exécuter un ambitieux projet quinquennal et national de développement de la culture de Jatropha curcas pour une production de plus d’un milliard de litres d’huile.
Le Ghana et le Nigeria ont affiché aussi leur ferme volonté de promouvoir les biocarburants à travers la réalisation de projets d’envergure nationale. Il faut pourtant noter qu’en face de ces Etats motivés, se dressent des pays, sinon indifférents aux biocarburants, du moins hésitants. En effet, dans de nombreux pays d’Afrique encore, la filière des biocarburants est aux mains du secteur privé quasi exclusivement. Seulement des structures étatiques microscopiques sont chargées en théorie d’encadrer cette filière nouvelle et complexe.
L’énergie solaire : quasi–inexploitation d’une ressource abondante et gratuite.
Avec un flux solaire oscillant entre 5 et 7 kWh/m²/ jour le continent africain est le plus ensoleillé de la planète. Malgré cet avantage, très peu de pays africains exploitent efficacement cette source d’énergie abondante et gratuite. De tous les obstacles qui freinent un véritable décollage de cette énergie, l’obstacle politique est le plus important. Au plan de la technologie et du financement, des structures et mécanismes bien huilés existent. Il faut ici saluer le courage du Rwanda qui a initié le plus grand projet solaire du continent en juin 2007 avec l’installation d’une centrale solaire géante d’environ 4ha !
Les pays d’Afrique du Nord et l’Afrique du sud font aussi des efforts importants dans le domaine de l’énergie solaire. Dans tous les cas, le bilan reste très en deçà des attentes des spécialistes, au vue de l’importance du flux solaire sur le continent. Des projets nationaux doivent être initiés et exécutés afin d’apporter l’électricité aux nombreuses populations urbaines et rurales encore dans l’obscurité sur le continent.