Contexte 
Les mouvements sociaux présents à Porto Allègre ont clamé avec force et vigueur « un autre monde est possible ».
Cette montée en force du mouvement social mondial comme mode privilégié de construction d’alternatives et de contestation de l’ordre néo-libérale est une occasion pour nous de rompre le silence et de réclamer la restitution du lourd tribut que l’Afrique paie depuis toujours aux pays dits riches aujourd’hui.
Les pays africains avec la vague de démocratisation espéraient bénéficier de l’accès universel aux services sociaux de base (santé, éducation, l’eau potable) ; mais ils se retrouvent aujourd’hui plus que jamais fragilisés et pervertis par des règles économiques néo-libérale imposées par le Club de Paris, la Banque Mondiale, le FMI, l’OMC au service du G8 et les multinationales délégitimant ainsi les responsables élus.
Le Forum de Siby 2ème édition intitulé « Forum des peuples », « le Consensus des peuples face au consensus du G8 » s’inscrit dans ce contexte.
La 1ère édition du forum des peuples 
Tenue du 25 au 28 juin 2002 à Siby, le Forum « Kananaskis, village des peuples » a été organisé concomitamment au Sommet du G8 à Kananaskis /Alberta au Canada.
La réalisation de la 1ère édition du forum des peuples africains à Siby, par sa qualité de mobilisation sociale locale a contribué à enrichir le cadre des débats paysans par les questions de développement très importantes comme : la dette, le PPTE/CSLP, le commerce non équitable, le NEPAD etc.
Le forum a été une opportunité d’information critique et de sensibilisation de la population malienne, dont la population rurale, sur les mécanismes politiques et économiques internationaux qui contraignent les politiques nationales dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’agriculture.
Les efforts de sensibilisation et de mobilisation des populations maliennes et africaines à Siby ambitionnaient de créer un vaste mouvement civique pour amener les gouvernants africains à promouvoir les intérêts vitaux de leurs populations dans leurs politiques et dans les lieux de décisions internationales.
Pourquoi une deuxième édition 
Le forum des peuples à Siby représente historiquement la première rencontre Citoyenne des peuples d’Afrique en marge du sommet de G8. Désormais, le village de Siby au Mali est entré dans l’histoire de la lutte des peuples africains contre le phénomène de l’endettement et de façon générale contre la mondialisation néo-libérale.
Le forum des peuples à Siby a crée la différence en montrant que les mobilisations internationales citoyennes au moment des grands évènements (G8, Forum économique de Davos, Forum social mondial, sommet de l’OUA, etc.) doit être renforcée par les mobilisations locales citoyennes.
Partie intégrante du forum social africain et du forum social mondial, le forum des peuples se donne la spécificité de se réunir chaque année en marge du sommet de G8. Le G-8 se réunira du 1er au 3 juin 2003 en France dans la ville d’Evian.
Cette rencontre des puissances économiques mondiales est un défi aux peuples du monde, plus particulièrement ceux du Sud. Le Sommet du G-8 se présente comme une rencontre des puissances désireuses d’œuvrer pour le développement social et la démocratie dans le monde. En fait, il ne faut pas se faire d’illusion, le G8 ne défend pas les peuples, il ne les reconnaît pas et figure parmi les acteurs de son appauvrissement.
Le G-8 défend la mondialisation néo -libérale telle que construite par les entreprises multinationales et leurs alliés investisseurs privés. Cette mondialisation néo-libérale est contre les Etats, les nations, les peuples car elle fait des êtres humains des marchandises.
Le forum des peuples se justifie par la situation actuelle des peuples du monde. Cette situation des peuples se caractérise au Sud plus particulièrement en Afrique Sub-saharienne par divers mécanismes d’appauvrissement qui feront l’objet des débats critiques populaires à Siby.
Mécanismes d’appauvrissement des peuples 
Parmi les mécanismes de construction de la pauvreté mondiale et des injustices sociales, les phénomènes de l’endettement et le commerce international injuste jouent un rôle de premier plan. La dette constitue l’un des principaux obstacles à la satisfaction des besoins humains fondamentaux des pays appauvris du Sud.
L’insupportable fardeau de la dette
Le surendettement prend une dimension particulièrement dramatique pour les peuples de l’Afrique Subsaharienne. Les pays de l’Afrique Subsaharienne sont obligés d’abandonner des millions de ses enfants dans la malnutrition, dans les maladies comme le paludisme, le VIH SIDA, dans l’analphabétisme pour se consacrer au remboursement obligatoire de la dette. Par ailleursl’initiative Programme pour les pays très endettés /Cadre stratégique du Lutte contre la pauvreté (PPTE/CSLP) est un programme d’allègement conçu en 1999 par les institutions financières internationales et les pays du G7 pour solutionner la problématique de la dette. Quatre années après le lancement de l’initiative, quel est le bilan ? Les décisions d’allègement entrant en droite ligne de l’initiative PPTE/CSLP ne visent-elles pas à maintenir les pays appauvris le cercle vicieux de l’endettement ?.
Un commerce international contre les peuples du Sud
En contraignant les pays en voie de développement à consacrer la plus grande partie de leur surface agricole aux cultures d’exportation et en les obligeant à ouvrir leur marché aux produits industriels subventionnés du Nord, la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et l’Organisation Mondiale du Commerce ont mis en péril l’économie des pays du Sud. Les agricultures paysannes des pays du Sud dont le Mali, éprouvent d’énormes difficultés à produire pour nourrir leurs peuples.
Les conflits
Nous ne pouvons nous développer que dans la paix. Les conflits sociaux /armés constituent un des obstacles majeurs au développement de l’Afrique. Considérés hier comme une réalité de l’Afrique de l’Est et Centrale, les conflits sont aujourd’hui un des facteurs clés de déstabilisation et de pillage en Afrique de l’Ouest. Les cas de la Côte d’Ivoire, du Libéria, de la Sierra Léone, de la Casamance, du Nigeria en sont des illustrations. Les guerres impérialistes et hégémoniques contres les peuples martyrs de la Palestine, d’Afghanistan, d’Irak en sont d’autres exemples.
Des sociétés civiles instrumentalisées au service du néo-libéralisme
De plus en plus la société civile connaît l’émergence d’organisations et d’associations au service du groupe des G7, des institutions financières internationales (banque mondiale et FMI, OMC), des multinationales et des gouvernements corrompus du Sud.
Pour faire face, les mouvements sociaux populaires doivent se battre pour construire leur légitimité et crédibilité dans leurs pays. Des systèmes de réseautage, de constitution de coalitions, des alliances fortes au niveau local, national et international portés par les peuples doivent être le sous - bassement du travail de tous les mouvements sociaux populaires. Les peuples pour résister et construire des alternatives crédibles par le biais des actions de plaidoyer/lobbying portées par des acteurs locaux conformément aux réalités qu’ils vivent.
Une interférence d’accords de partenariat en l’absence des acteurs sociaux
NEPAD le groupe du G8 lors de leurs rencontres de 2001 et 2002 ont apporté leur soutien aux chefs d’Etats Africains initiateurs du NEPAD (Nouveau Partenariat pour l’Afrique). Saluer comme l’initiative majeure africaine visant à faire sortir l’Afrique de son sous - développement à travers la dizaine de priorités dont : bonne gouvernance, l’accès aux marchés internationaux, la lutte contre la pauvreté, le développement des infrastructures. L’une des lacunes essentielles reprochées au NEPAD est sa conception par le sommet des décideurs africains sans association des populations africaines. Aussi, la base de financement du NEPAD reste principalement les capitaux privés, généralement coordonnés par la Banque mondiale et le FMI. Nous devrons craindre que le NEPAD ne soit pas une stratégie pour légitimer les PPTE/CSLP.
AGOA (l’Acte des Etats - Unis de la Croissance et de l’Opportunité Africaine)
Entrant dans le cadre de la nouvelle politique africaine des Etats Unis, l’AGOA est présenté par ses concepteurs américains comme un outil de facilitation des échanges commerciaux avec les pays africains et de promotion des investissements selon le concept « trade no aid » (l’échange et non l’aide)
L’AGOA est-elle réellement une opportunité de développement pour les peuples des 48 pays de l’Afrique subsaharienne visés ?
L’accord de Cotonou ou accord de partenariat ACP - UE fut signé le 23 juin 2000 entre les 15 états de l’Union Européenne et les 77 pays ACP (Afrique - Caraïbes- Pacifique) pour une durée de 20 ans.
Même si les accords de Cotonou soutiennent les règles mortelles de l’OMC, s’opposent à l’annulation de la dette et assure la promotion de PPTE/CSLP ; ils reconnaissent désormais la société civile comme acteur de partenariat pouvant accéder aux fonds.
Cependant, nous devrons nous interroger sur les impacts de ces accords et décisions prises par les agents économiques du Nord sur les peuples du Sud ? Nous devrons aussi les analyser en tenant compte de nos réalités et des réalités de notre environnement afin d’y proposer des alternatives crédibles défendant les intérêts de nos populations.
Participants 
Le forum des peuples regroupera des acteurs impliqués dans le développement local, National, sous régional et international tels que les organisations paysannes, les syndicats, les ONG, collectifs d’ONG, chercheurs, universitaires, presses, organisation de jeunes et de femmes, confessions religieuses
Les participants seront au nombre de 400 délégués venant de l’intérieur du Mali, de l’Afrique de l’Ouest et de l’Europe :
Au niveau de la commune de Siby
Paysans /cultivateurs, ménagères, organisations de femmes, acteurs locaux de développement, administration locale, élus locaux, autorités traditionnelles, autorités religieuses, presse locale, enseignants, élèves, étudiants, associations, couches socioprofessionnelles, artistes, notables… seront mobilisés.
Au niveau national
Les participants nationaux viendront des 8 (huit) régions du Mali et du District de Bamako. Ils seront composés comme suite : organisations paysannes, syndicats, ONG, collectifs d’ONG, chercheurs, universitaires, presse, organisations de jeunes et de femmes, confessions religieuses, journalistes, associations, artisans, artistes, magistrats, fonctionnaires, étudiants, enseignants, opérateurs économiques, partenaires au développement, commerçants…
Au niveau sous régional et international
Des délégations sous régionales africains, européens représentant les mouvements sociaux et organisations de la société civile y prendront également part.
Les délégations sous régionales viendront de la Guinée Conakry, du Burkina Faso, du Niger, du Togo, du Bénin, de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, du Nigéria, du Ghana et du Sénégal...
Stratégies de mise en œuvre 
Le forum commencera dès le 31 mai dans la soirée à travers l’accueil du chef de village de Siby, la visite du marché des peuples et une manifestation culturelle animée par des artistes du terroir.
Pour ce faire, le village de Kananaskis sera bâti à l’image de la case des sages du Mandé. Au tour de la case seraient installés plusieurs stands d’exposition ou de présentation des outils et expériences en matière de développement local et régional.
Le déroulement des travaux thématiques, artistiques et des stands sera assuré par le comité d’organisation appuyé par les groupes de militants. Les thèmes seront traités à travers un Symposium, sept conférences débats, des sketchs et neuf ateliers débats.
Une large communication des travaux à l’intérieur et à l’extérieur du Mali aux mouvements sociaux en Europe (France, Belgique, Suisse) est un objectif essentiel de l’atelier. L’information instantanée du G8 et des mouvements sociaux européens ainsi qu’à l’intérieur du Mali se fera par l’installation d’une mallette satellite à Siby, car dans ce village rural du mandé n’a pas de téléphone sauf une radio rurale qui émettra dans un rayon de 60 km. Ce système satellite est un outil par lequel les organes de presse national et internationale se connecteront. La radio locale de Siby, « la radio Kamadjan » jouera en conséquence un rôle capital de mobilisation des couches rurales de la zone de Siby.
« Penser localement et Agir globalement ».