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Document publié le 24 octobre 2006
Mots clefs associés : - Organisation de la société civile - Politique et société
L’évaluation de l’édition du Forum des Peuples de Kita (2004) a permis de faire ressortir que le Forum des Peuples est un "espace réel de conscientisation de masse et de responsabilisation des peuples leur permettant de se saisir des affaires les concernant". Les difficultés matérielles et organisationnelles continuent de peser sur les résultats.
Compréhension des objectifs/Thèmes débattus/Stratégies
De façon générale, tous les groupes cibles rencontrés à l’exception ont fait preuve de la connaissance et de la compréhension des objectifs fixés par le forum, des thèmes débattus, de l’organisation et des stratégies d’intervention mises en place. Toutes les thématiques exposées ont été jugées intéressantes et pertinentes.
Cependant, la question de privatisation du chemin de fer montre un changement majeur marquant une évolution des thèmes abordés pendant l’édition de 2004.
Seulement, les thèmes débattus à Siby semblent être reconduits avec quelques légères variations.
Les objectifs et les thématiques débattus répondent bien aux préoccupations des participants. Les constats ont établi que les thèmes sont d’actualité et les activités programmées ont été exécutées conformément à la planification.
Dans l’ensemble les populations du site ont une idée positive du forum en tant que tel partant des objectifs fixés et des thèmes débattus. Tout comme à Siby, deux types d’appréciations ont été observées sur le terrain.
Les objectifs fixés, les thèmes et leur contenu ont été jugés appréciables. La qualité de la représentativité au forum se réfère à la participation des diverses couches socio-professionnelles appuyée par la présentation de la qualité des thèmes par les conférenciers jugée bonne. La traduction en langues locales a répondu à l’attente des participants en particulier ceux qui ne comprennent pas le français.
Les conditions matérielles et financières d’organisation ont été hautement décriées et demeurent encore les points les plus faibles dans la mémoire des populations du site l’organisation du forum. Il s’agit entre autres :
des conditions de nourriture et d’achat des produits et matériels,
des conditions financières qui ont laissé un triste souvenir de la commission locale d’organisation,
de l’organisation proprement dite relative à l’achat du matériel ailleurs, à l’introduction des cuisinières venant de Bamako, à la gestion du stock du matériel, au retour du reste des produits et du matériel à Bamako et à l’intéressement des organisateurs locaux,
des rapports entre la commission locale et celle de la CAD-Mali jugés peu complémentaires.
Le regard rétrospectif de l’édition du Forum des Peuples à Kita a révélé deux types changements opérés avec satisfaction.
Le changement de mentalité
A l’instar de Siby, les populations de Kita ont jugé assez positif le Forum des Peuples en tant qu’initiative novatrice.
Selon elles, c’est un espace réel de conscientisation de masse et de responsabilisation des peuples leur permettant de se saisir des affaires les concernant.
A cet égard, un véritable début de changement a été observé. On peut citer entre autres :
l’idée de lutte contre les décisions politiques comme la privatisation sauvage des sociétés et entreprises d’état,
l’ouverture d’esprit, car les participants ignoraient beaucoup de choses les concernant,
l’acquisition de nouvelles connaissances même dans le milieu dit des intellectuels,
l’établissement de nouveaux rapports d’amitié et de partenariat,
la capacité de négociation,
les échanges d’expériences entre catégories socio-professionnelles exerçant le même type d’activités.
Les actions favorisant le changement
Apprentissage des techniques de transformation des produits locaux comme le jus du pin de singe, du kapokier,
échanges d’adresses avec les autres participants,
stimulation des techniques d’élaboration des projets,
action civique entreprise par le syndicat du Transrail au près de l’assemblée nationale ayant entraîné l’ouverture de certaines gares suite aux négociations,
allégement de la dette et obtention de fonds PPTE (Pays pauvres très endettés)
concertations inter acteurs (paysans/producteurs)
gestion des intérêts conflictuels (éleveurs-agriculteurs, acheteurs-vendeurs, exploitants/producteurs-consommateurs, etc).
Une appréciation moyenne a été accordée à l’apport du Forum sur les activités des organisations dans l’ensemble. A cet titre :
le Forum a contribué à donner une large information sur les thèmes non maîtrisés ou méconnus par certaines couches à la base,
il a inculqué dans la mémoire des populations un certain esprit d’équité et d’égalité entre les peuples, entre les paysans et les intellectuels, entre villageois et citadins, etc,
il a contribué à améliorer chez certaines couches la technique d’élaboration des projets,
il a également contribué à l’acquisition de nouvelles connaissances.
Au regard des résultats obtenus, les difficultés soulignées sont les suivantes :
le bicéphalisme des commissions d’organisation (commission de la CAD-Mali et celle locale), d’où un rapport de subordination,
le non respect des engagements pris (planning du budget),
l’absence des documents (rapport) et non accès de la majeure partie des participants aux recommandations du Forum,
la mauvaise gestion des ressources matérielles et financières allouées à l’organisation du Forum (non respect des engagements),
la non motivation financière de la presse de proximité,
insuffisance et mauvaise répartition de la restauration,
l’exportation à Kita des produits, matériels et la main d’oeuvre qu’on trouve sur le site,
coïncidence avec l’hivernage (activités champêtres intenses),
l’interprétation linguistique, surtout les gens du Nord qui ne comprennent pas le français et le Bambara,
le manque de valeur ajoutée sur le site par le non approvisionnement en produit locaux disponibles sur place, car selon les informateurs, tous les produits sont venus de Bamako y comprise la main d’oeuvre cuisinière,
l’imposition des décisions sur la commission locale,
la non implication de la commission locale dans la gestion du stock du magasin,
l’absence de délégation de gestion au niveau local,
l’absence de confiance à la commission locale.
Objectifs et thèmes
adapter les objectifs au contenu et aux réalités du milieu,
discuter directement avec les participants à la base pour favoriser la prise en compte de leurs préoccupations.
Organisation du Forum
faire un feed-back après chaque édition aux parties prenantes y compris les partenaires potentiels,
élargir la base des discussions lors des préparatifs des éditions,
responsabiliser la commission locale,
respecter le planning élaboré collégialement,
véhiculer les informations réelles sur les résultats réels des recherches autour des OGM,
s’assurer de la disponibilité des fonds avant d’organiser les foras,
fonder des rapports de confiance entre la commission locale et la commission nationale,
impliquer toutes les couches socio-professionnelles dans la commission locale.
Participation
rendre proportionnel le nombre de participants au budget arrêté,
diversifier les couches socio-professionnelles participantes,
inviter les catégories des participants capables de prendre part activement aux débats,
rendre équitable le quota de participants venant du milieu rural et ceux de la ville.
Conférenciers
continuer à retenir des consultants capables d’expliquer et d’expliciter les thèmes à débattre.
Stratégie d’intervention
organiser les éditions pendant la saison sèche (Mars à Mai) en vue de faciliter une participation moins préjudiciable aux populations rurales,
interpréter les débats dans la langue des personnes venant d’ailleurs qui ne comprennent ni le français, ni la langue du site,
mettre en place un comité de suivi des recommandations au niveau local,
chercher des mesures alternatives de lutte contre les privatisations sauvages et les mécanismes d’endettement,
éviter de débattre plusieurs thèmes simultanément afin de permettre aux participants de pouvoir suivre à leur guise tous les thèmes,
faire une large diffusion du contenu des thèmes débattus (reportage en direct du forum, rédaction et mise à disposition des participants, etc.),
enseigner les thèmes dans les écoles (lycées) à fin de permettre aux futurs cadres de pouvoir s’assumer,
mobiliser une équipe de couverture sanitaire à cause du nombre très élevé des participants et des risques d’épidémie,
mettre en place une cellule locale de restitution,
tenir une deuxième édition à Kita après avoir corrigé les nombreuses difficultés et faiblesses,
renforcer les messages des conférenciers par la présentation de pièces de théâtre et de sketch.
Par l’équipe d’évaluation
© penserpouragir.org, 2006
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