Le développement d’un pays n’est pas une route tracée à l’avance pour tous. Chaque pays a la possibilité de définir lui-même ses priorités et ses méthodes permettant à ses populations de vivre mieux, même si souvent, cette définition se confronte au carcan parfois fort étroit imposé par le système international et ses institutions.
Une voie est donc offerte à ce niveau aux organisations de toutes sortes d’apporter leur vision pour développer le bien-être des populations. Cette voie est celle de la définition des politiques publiques. Encore faut-il être capable d’influer et de transmettre ses idées et contributions aux pouvoirs correspondants.
Afin de pouvoir influer sur les politiques ; afin de transmettre ses réflexions, ses études et ses contributions ; il faut connaître le système politique et surtout le processus décisionnel.
Tout processus décisionnel se décompose en plusieurs étapes comportant chacune des « points d’accès » permettant aux organisations de la société civile de transmettre leurs réflexions sur le sujet. Certains points d’accès peuvent être institutionnalisés (par exemple des organes de concertation), d’autres peuvent être plus officieux. Le travail consistant à influer sur les politiques est nommé, suite à la théorie anglo-saxonne, le lobbying et est devenu aujourd’hui un outil de première importance pour toute organisation.
La recherche présentée ci-jointe tente justement de dresser un panorama complet du processus décisionnel en relevant l’ensemble des points d’accès permettant d’influer sur la définition des politiques publiques au niveau de la décentralisation et de la gestion des ressources naturelles au Mali. Ce travail est également une base intéressante d’analyse pour des organisations s’intéressant à d’autres problématiques.
Nous présentons ci-dessous les idées principales développées par les auteurs.
Le document présente tout d’abord rapidement les organes et structures impliqués dans la définition des politiques au Mali (notamment dans le cadre de la politique de décentralisation) avant de décomposer la procédure en elle-même en différentes étapes : l’initiative, la constitution d’un projet de loi, l’analyse et l’adoption par le parlement du projet de loi, l’application de la loi et son suivi. Ces 5 temps majeurs sont complétés par les sources d’information disponibles sur l’évolution de la définition des politiques.
Chaque étape est ensuite analysée et décomposée en plusieurs mouvements. Cette décomposition précise notamment le parcours que suit une idée jusqu’à sa concrétisation sur le terrain et son suivi. La précision des étapes permet d’avoir une vision claire des structures en présence ainsi que de leurs rôles respectifs dans le processus et donc des points d’accès envisageables.
Enfin, les organes majeurs participant à la prise de décision sont largement analysés : parlement ; gouvernement et structures exécutives (ministères et directions) ; partenaires du développement (ONG, bailleurs de fonds, composantes de la société civile, bureaux d’études et prestataires de services) ; conseils de cerles, communes et municipalités. Cette analyse permet de comprendre le rôle de chacun, le rapport de force en présence, et le fonctionnement interne de ces structures.
Le principe est avant tout de savoir qui fait quoi ? Comment le fait-il ? et à quel moment ? Afin de pouvoir se poser les questions centrales : si je veux influer sur telle politique, qui dois-je voir ? Comment le voir ? A quel moment le voir ? Le tout en se donnant comme principal objectif une efficacité maximale du travail de lobbying. C’est ce qui est analysé dans le dernier chapitre : comment informer efficacement les décideurs ?
Selon les auteurs, après l’étude réalisée, un certain nombre de points doivent être mis en avant. Il est certain qu’un grand nombre de points d’accès existent mais certains sont plus intéressants que d’autres. Il semble cependant que l’ensemble des services contactés dans le cadre de l’étude soient très intéressés par l’ouverture des canaux d’information réciproque afin de maximiser l’efficacité de la réflexion sur les politiques de développement.
Pour ce qui concerne la décentralisation et la gestion des ressources naturelles, point d’intérêt central des auteurs, ceux-ci ont préconisés un certain nombre de moyens qui semblent efficaces afin d’informer correctement les décideurs au travers des structures les plus pertinentes :
Au sein des structures gouvernementales, préférer travailler directement avec les directions et leurs services techniques rattachés plutôt qu’avec les cabinets ministériels. « Ces structures ont l’avantage d’être spécialisées, permanentes et stables » et « assurent la continuité des politiques sectorielles ». Les auteurs insistent également sur les services rattachés à la primature.
Les partenaires du développement semblent être pour les auteurs des structures d’une importance primordiale car elles disposent d’un poids important vis-à-vis des structures de l’état. De plus, celles-ci disposent de canaux d’information et de structures institutionnalisées de communication avec les pouvoirs publics. Ces « porte-paroles » sont donc des partenaires de premier choix.
La mise en place progressive de structures formalisées de consultation, concertation, cogestion, est une avancée fondamentale pour la participation de la société civile à la prise de décision. Il semble donc important que ces organisations (Organisations Non Gouvernementales et Organisations de la Société Civile) développent des moyens spécifiques leur permettant de participer activement et de manière efficace à ces structures. Une participation efficace nécessite de la flexibilité, des ressources, une préparation de qualité et une restitution des informations.
