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Document publié le 18 juillet 2005
Messieurs les autorités traditionnelles de Fana,
Monsieur le Maire de la commune rurale de Guégneka, Fana
Monsieur le Préfet de Dioïla,
Mesdames, Messieurs chers invités (es) et participants (es),
La Coalition des Alternatives Africaines Dette et Développement (CAD-Mali) et le comité d’organisation du Forum des Peuples vous remercient pour votre engagement continu dans ce débat citoyen.
Nous allons bientôt commencer les travaux de la 4ème édition du Forum des Peuples. La première et la seconde édition furent abritées par le village de Siby dans le Mandé profond en 2002 et 2003, l’année dernière, 2004, ce fût le tour de la cité des rails à Kita d’abriter la 3ème édition. Cette année 2005, c’est Fana qui a l’honneur d’accueillir en plus des communautés locales, les citoyens (nes) venant de toutes les régions du Mali et pays amis pendant quatre (4) jours pour :
échanger sur leurs expériences et stratégies ;
consolider leur capacité de contribution aux réflexions et débats sur les politiques et actions de développement engagées dans le monde ;
proposer des alternatives à l’injustice sociale, économique et politique dont l’Afrique est victime.
Le Forum des Peuples qui est authentiquement populaire, regroupant différents acteurs de la société civile à la base et se caractérise par sa tenue chaque année comme le contre sommet à celui du G8.
Parce que les chefs d’Etats de huit (8) pays dans le monde réunis au sein du groupe appelé G8, se donne le rôle et la mission de directoire du monde sans aucune légitimité ; il n’a jamais été mandaté par les peuples. Leur puissance dans une logique de domination et d’expropriation des peuples fait des ravages à travers le monde.
Aujourd’hui, le monde et en particulier les pays du Sud dont le Mali vivent une situation de délabrement social, économique, environnemental et culturel par la faute de ce puissant groupe. Cette année, nous allons mettre la pression sur le G8 parce qu’il a fait trop de fausses promesses depuis des années et qu’au cours de ce sommet en Ecosse, il a prévu de mettre l’Afrique au centre de ses débats.
Ces chefs d’Etats, des pays les plus riches du monde, prétendent dans leurs discours œuvrer pour le développement de l’Afrique ; mais en réalité, ils sont en train de négocier la concurrence de nos économies avec les marchés du Nord avec leur politique de libre échange.
Est-ce qu’à ce stade de notre développement, nos agriculteurs ou entreprises locales peuvent-ils concurrencer leurs homologues américains ou européens.
Que nous ne nous trompons pas ! Le G8 est habitué au double langage : croissance et réduction de la pauvreté.
Nous voulons que les leaders du G8 puissent prendre des actions concrètes pour le respect de leur engagement à lutter contre la pauvreté et pour cette raison, nous joignons notre appel à celui de la Campagne Mondiale de Lutte contre la Pauvreté pour l’atteinte des objectifs du millénaire pour dire aux chefs d’Etats des huit pays les plus riches du monde que les peuples d’Afrique et du tiers monde payent un lourd tribut, vivent dans une pauvreté grandissante sous tendue par la diminution des prix des matières premières, le fardeau de la dette, la concurrence de nos produits, les exigences des investisseurs étrangers, l’évasion des capitaux, ...
Ces fléaux se traduisent par la sous alimentation et la malnutrition, le manque d’eau potable, les dysfonctionnements des systèmes éducatifs, la santé précaire des femmes et des enfants, les conflits et guerres, la pandémie du VIH-Sida, le paludisme et l’augmentation du taux de délinquance juvénile.
Dans notre pays (au Mali), selon le rapport du PNUD 2004 intitulé « décentralisation et réductions de la pauvreté », les indicateurs ne donnent pas espoir dans la lutte contre la pauvreté d’ici 2015 comme le stipule les OMD :
65 % de la population vit avec moins de un dollar par jour ;
68 % des communes n’ont pas de second cycle (72 % pour Sikasso, 71 % à Mopti et 67 % à Ségou) ;
20 % des communes n’ont pas de centres de santé de référence ;
75 % des communes (523) n’ont pas de centres de santé communautaire dont 10 % des communes de Kidal, 94 % de Tombouctou et 78 % de celles de Kayes ;
247 communes n’ont aucune pharmacie ;
582/100000 représente le taux de mortalité maternelle ;
113/1000 enfants représente le taux de mortalité infantile ;
33 % représente le taux de malnutrition.
Mobilisons-nous pour dire non aux politiques néolibérales qui détruisent l’être humain et dégradent son environnement.
Demandons au G8 :
de prendre des dispositions urgentes pour mettre fin aux inégalités qu’ils ont construits dans le monde ;
d’annuler la dette totale des pays du tiers monde et sans aucune conditionnalité ;
d’appliquer la démocratie et la transparence dans leurs débats et leurs actions.
Mesdames, Messieurs,
Un autre monde est possible ! Tous ensemble pour construire un monde solidaire ! Ceux qui estiment que la mondialisation est incontournable, devraient réaliser qu’ils peuvent être contournés ou renversés.
© penserpouragir.org, 2005
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