Aperçu général du Cercle de Kéniéba
Situé à l’extrême sud-ouest du Mali, le cercle de Kéniéba fait frontière avec le Sénégal et la Guinée. La plaine à l’Ouest est brusquement masquée par la falaise de Tambaoura dont l’altitude maximum avoisine les 500m. Le relief de la zone est issu d’une érosion hydrique ayant peu à peu lessivé les différentes couches du sol.
Les relevés pluviométriques des 3 stations montrent le dérapage climatique du cercle : d’un climat soudanien-guinéen, le cercle évolue progressivement vers un climat soudanien Sud, voire soudanien Nord pour certaines années.
Différents mouvements migratoires sont observables dans le cercle selon l’objectif poursuivi par les acteurs, ils sont alors temporaires ou définitifs.
Ces mouvements migratoires ont deux causes essentielles : l’orpaillage et l’agriculture.
Or et Agriculture
Depuis, des millénaires, l’or du Bambouck est extrait artisanalement principales ressources au moment de l’emprise du Mali, de nombreuses croyances subsistent par rapport à son extraction.
Pour réglementer une activité aussi dangereuse que maléfique, la société traditionnelle de la zone a fait recours à 3 types de régulations. :
politique : la circulation et l’établissement des étrangers sont effectués par les responsables de l’administration locale ;
Religieuse : sacrifice ;
Présence d’un contrôle de la terre.
La disposition des autres formes de régulation explique largement cette fièvre de l’or et la violence qu’engendre son histoire légendaire.
L’orpaillage traditionnel étant l’activité séculaire du cercle, il génère 2 types d’or : l’or alluvionnaire et l’or vimaire. Jusque dans les années 80 seul l’or alluvionnaire était traditionnellement exploité. L’introduction de nouvelles techniques permettant l’exploitation des filons de quartz a relancé l’activité d’orpaillage pendant toute la décennie 80 et au début des années 90. Il semblerait que tous les filons de quartz aient été exploités, entraînant une baisse du rendement.
Depuis l’ouverture du Mali (1991) et l’assouplissement des contraintes d’exploitation, une quarantaine de compagnies minières étrangères se sont installées. Tout le cercle de Kéniéba à l’exception de la zone de Faléa est attribuée à des concessions minières.
Quelques éléments de conclusions
Dans le cadre d’un véritable processus de développement local donc autogéré pour les communautés locales elles mêmes ; les acteurs du cercle de Kéniéba sont tous sensibles à leur véritable situation, conscients de leur misère morale dans un océan de richesses minières et surtout, ce sont des acteurs qui sont attentifs à la tromperie des fausses solutions ;
L’étude a montré que le développement des zones minières du cercle, ne se mesure point par des chiffres, non moins par des graphiques mais plutôt, par les dynamismes qui traversent et animent les espaces communaux villageois, afin d’éviter les traditionnelles dérives des projets-clés en main ;
L’exploitation minière ne semble pas relever seulement d’une nocturne financière, technique, mais plutôt de l’incurie, de l’inconscience de l’Etat central.
Par exemple, en 1997, le rendement prévu en matière de production d’or au seul niveau de SADIOLA était de 12T/an, et les volumes de production prévisions ont d’ailleurs été bien supérieurs à celui-ci.
N’ignorons pas que le premier pays de destination de notre or est la place financière de Zurich (Suisse).
Aussi, la production d’or au Mali par les compagnies étrangères a largement profité de la dévaluation du FCFA, les coûts des investissements étrangers ont largement diminué, devenant de plus en plus rentables vu les cours actuels de l’or.
Si l’extraction minière rapporte de nombreuses devises aux pays qui en bénéficient et permet de palier temporairement le déficit extérieur, elle n’a en général que peu d’effet d’entraînement sur le reste de l’économie du Pays.
Un récent rapport sur l’exploitation minière au Mali souligne que l’or fourni 12 % des devises du pays, et paradoxalement le même secteur minier ne participe qu’a hauteur seulement de 1,5 % dans la formation du PIB.
Conséquences :
Stagnation de la production agricole ;
Baisse de la compétitivité de la production nationale sur les marchés, mondiaux.
En définitive, le phénomène de la vente minière est bien connu et a été largement analysé et placé sous le nom de "DUTCH DISEASE" : l’Etat, en s’appropriant les produits du sol devient le seul acteur incontournable et par là même, accroît sa main mise sur l’économie qui devient une ECONOMIE DE RENTE, donc qui exclut la Société Civile de la Formation du PIB.
Dans ces conditions, il est totalement hors de propos de parler de partage, de Justice Sociale, d’épargne locale.
La dette et son corollaire de programme de Lutte Contre la Pauvreté deviennent aussi faciles à comprendre.