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Notes

Coordination Nationale des Organisations Paysannes du Mali (CNOP)

Atelier de réflexion des leaders paysans sur les enjeux des OGM au Mali.

Déclaration de l’Atelier

Document publié le 27 octobre 2004

Mots clefs associés : - Agriculture et développement rural - Souveraineté alimentaire - Organisme génétiquement modifié (OGM)


Réunis en atelier les 24 et 25 septembre 2004 dans la salle de réunion de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture du Mali à Bamako, les leaders paysans des Organisations Paysannes membres de la Coordination Nationale des Organisations Paysannes du Mali (CNOP), ressortissants des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao, Kidal et du district de Bamako, après examen approfondi de la question des OGM et de leurs impacts prévisibles et imprévisibles sur l’environnement (biodiversité) et notre société, déclarent :

- L’extrême importance de la problématique des OGM exige que, dès maintenant, la responsabilité de chaque acteur soit située par rapport aux conséquences de leurs éventuelles utilisations ;
- La nature hasardeuse de la technologie des OGM et son contrôle par quelques multinationales nous décident à exiger un moratoire d’une durée minimale de 5 ans, période qui devra permettre d’évaluer de manière participative les risques de l’introduction des OGM dans notre pays ;
- Conformément à l’esprit de la convention sur la conservation de la biodiversité et du protocole de Cartagèna, accords que notre pays a ratifiés, les OP rejettent toute idée de brevets sur le vivant et de brevetabilité du vivant et cela à tous les niveaux ;
- La conservation des ressources génétiques dans notre pays doit rester la responsabilité des communautés paysannes qui ont toujours assurer cette fonction d’une manière efficace ;
- Notre attachement au partage non monétaire des richesses de la biodiversité mondiale, nous fait rejeter en bloc toute idée d’accaparement des ressources génétiques et alimentaires au niveau mondial par quelques individus.

L’atelier recommande aux autorités :

- La mise en place le plus rapidement possible, avec la participation de tous les acteurs concernés (société civile, administration, partis politiques) d’un cadre de concertation sur le thème de la bio-sécurité nationale ;
- La mise en place d’un cadre législatif inspiré fortement du modèle de loi de l’Union Africaine et du protocole de Cartagèna ;
- De prendre toutes les mesures nécessaires pour créer au niveau national les banques de gènes et de semences afin de préserver notre patrimoine génétique au bénéfice des générations actuelles et futures ;
- Que soit levé l’amalgame qui est fait entre biotechnologies (qui servent les humains depuis des décennies) et les produits de génie génétique breveté par les multinationales, OGM (qui est un phénomène très récent). L’atelier affirme son non-opposition aux biotechnologies ;
- Que la recherche nationale soit équipée afin d’être en mesure de faire des recherches voire sur les génies génétiques, mais l’atelier s’oppose vigoureusement à toute expérimentation des semences transgéniques et brevetées par nos chercheurs dans notre pays ;
- De tenir compte des préoccupations des populations dans la préservation de la santé et la protection de leurs intérêts économiques. A propos des pressions et stratégies de certaines puissances pour amener nos pays à adopter les OGM, nous affirmons que notre pays est souverain et a le droit d’agir ou de choisir en fonction des intérêts majeurs de sa population.
- Une vigilance soutenue dans la gestion de la crise acridienne et de l’aide alimentaire qui en découlera.

Les OP manifestent toute leur reconnaissance aux autorités dans l’engagement pris pour assurer la sécurité alimentaire, mais s’inquiètent que l’aide alimentaire ne soit pas un facteur d’introduction des OGM dans notre pays. Aussi, les OP proposent et insistent que toute aide alimentaire qui nous sera destinée soit monétaire. Les disponibilités en stock alimentaire de la sous région nous permettront de couvrir les besoins qui se feront ressentir.

Par ailleurs, la CNOP s’engage à :

- Entamer des réflexions à la base en rapport avec nos fondements culturels pour arrêter l’érosion génétique et la réduction de la biodiversité dans notre pays ;
- Diffuser l’information sur les OGM à tous les niveaux en exhortant l’Etat à instaurer un débat constructif sur la question en impliquant tous les acteurs concernés.

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